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Des activistes de Taïwan approchent des îles Senkaku/Diaoyu


TOKYO, 24 jan 2013 (AFP) -

Des activistes taïwanais se dirigeaient jeudi vers l'archipel des Senkaku, administré par le Japon mais revendiqué par la Chine et Taïwan, a indiqué l'agence de presse Jiji.

Selon des informations des autorités taïwanaises, citées par Jiji, un bateau de pêche avec sept personnes à bord a quitté le nord de Taïwan tôt jeudi matin. Les garde-côtes japonais ont confirmé avoir localisé un "bateau non-japonais" à 107 km à l'ouest-sud-ouest d'Uotsurijima, la principale île de l'archipel en mer de Chine orientale, appelé Diaoyu par les Chinois.

Selon Shih Yi-che, un porte-parole des garde-côtes taïwanais, les activistes devaient arriver à destination vers midi (04H00 GMT).

Leur but, a-t-il précisé, est d'apporter une statue de la déesse des mers Mazu pour protéger les pêcheurs taïwanais qui opèrent dans la zone.

Selon la télévision publique japonaise NHK, Taïwan a dépêché six navires de patrouille pour protéger le bateau de pêche.

Pour Taïwan, ce sont simplement des "navires de garde-côtes qui effectuent des patrouille de routine" dans la zone et "qui iront là où le navire de pêche ira pour défendre notre souveraineté et nos droits à pêcher", a indiqué le porte-parole des garde-côtes taïwanais.

L'archipel inhabité de la discorde est à 200 km au nord-est des côtes de Taïwan et 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon). Outre sa position hautement stratégique, ce chapelet d'îles recèlerait des hydrocarbures dans ses fonds marins.

Fin septembre 2012, huit navires des garde-côtes taïwanais et des dizaines de bateaux de pêche avaient déjà pénétré dans ces eaux territoriales japonaises. Une flottille avec 300 pêcheurs avait été repoussée par les garde-côtes nippons avec des canons à eau.

Il y a trois jours, ce sont trois navires gouvernementaux chinois qui ont pénétré dans cette même zone.

Ces incursions répétées provoquent l'ire du gouvernement japonais de droite de Shinzo Abe, qui a promis aux Japonais de renforcer les moyens de surveillance autour des Senkaku dont, selon lui, la propriété nippone n'est pas "négociable".

Pékin envoie régulièrement des navires, et dernièrement des avions, autour de l'archipel Senkaku, depuis que Tokyo a nationalisé en septembre trois des cinq îles qui le composent en les achetant à leur propriétaire privé nippon.

Le conflit s'est aggravé immédiatement après cette nationalisation, avec notamment une semaine de manifestations antijaponaises, parfois violentes, à travers la Chine.

Vendredi dernier, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a lancé un avertissement clair à la Chine au sujet de ce conflit qui l'oppose à Tokyo.

En septembre dernier, lors d'un déplacement au Japon, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta s'était ouvertement inquiété des conflits territoriaux actuels en Asie qui pourraient déclencher selon lui une guerre: "Je suis préoccupé lorsque je vois des pays engagés dans des provocations diverses et que cela pourrait déboucher sur des violences et au bout du compte sur un conflit".