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Sokalique: le parquet de Brest fait appel de la décision de relaxer l'armateur turc


BREST, 04 fév 2013 (AFP) -

Le parquet de Brest a fait appel lundi de la décision du tribunal correctionnel de la ville de relaxer l'armateur turc du cargo qui avait provoqué en 2007 au large du Finistère le naufrage du caseyeur breton Sokalique, a-t-on appris auprès du greffe.

Yvette Jobard, la veuve du patron du bateau de pêche qui avait péri noyé dans le naufrage, s'est dite "soulagée". Seuls le parquet ou les prévenus pouvaient faire appel du jugement pénal.

"Le parquet a fait appel contre la société" qui armait le vraquier, a-t-on indiqué au greffe correctionnel, précisant que cet appel ne concernait pas la décision condamnant le capitaine et le second du cargo à de la prison ferme.

Dans la nuit du 16 au 17 août 2007, le Sokalique et l'Ocean Jasper, navire battant pavillon des îles Kiribati, étaient entrés en collision au nord de l'île d'Ouessant, dans les eaux internationales. Le cargo avait poursuivi sa route sans prévenir les secours.

Le patron du caseyeur, Bernard Jobard, avait péri noyé. Les six autres marins avaient pu être secourus.

Le 22 janvier, le tribunal correctionnel de Brest avait condamné le commandant et le second de l'Ocean Jasper à respectivement quatre et trois ans de prison, mais relaxé l'armement turc, poursuivi en tant que personne morale pour homicide involontaire, délit de fuite et non-assistance à personne en danger.

Le parquet avait requis à l'encontre de ce dernier une amende de 300.000 euros.

"C'est un vrai soulagement", a réagi Mme Jobard, interrogée par l'AFP. "Les armateurs pollueurs sont condamnés quand ils sont pris, alors pourquoi seuls le commandant et le second seraient condamnés et pas l'armateur, alors que c'est lui qui leur a dit de prendre la fuite ?", a-t-elle interrogé.

Mme Jobard a attendu lundi après-midi avec une vingtaine de pêcheurs devant le tribunal de Brest la décision du parquet, a constaté l'AFP. Elle a menacé d'entamer une grève de la faim si celui-ci ne faisait pas appel.

"C'est complètement illogique pour nous que les marins de l'Ocean Jasper soient condamnés et pas l'armateur", a assuré Semione Coupille, un des marins du Sokalique.

"On a un métier dur, on perd du monde en mer, si en plus de ça on fait du tir au pigeon, ça ne le fait pas du tout, les gars (les marins, ndlr) sont très découragés", a ajouté le président du comité départemental des pêches du Finistère Jean-Jacques Tanguy.

L'avocat des marins du Sokalique, Me Vincent Le Luyer, a jugé que le nouveau procès en appel était "important" pour les "victimes, les familles, mais aussi pour les futures victimes, parce qu'on sait très bien qu'il y aura d'autres naufrages et l'idée c'est quand même que les armateurs qui incitent leurs capitaines à commettre ce genre de méfait n'aient pas l'assurance d'être impunis".