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Un paquebot bourré d'amiante envoyé en Turquie en "toute illégalité" (Robin des Bois)


Brest, 5 avr 2013 (AFP) -

Un ancien navire de croisière ayant appartenu à STX France et bourré d'amiante été envoyé en Turquie "en toute illégalité" afin d'y être démantelé, au lieu d'être traité en Europe comme l'exige la réglementation, a dénoncé vendredi l'association Robin des Bois.

Le paquebot Atlantic Star, qui selon l'ONG environnementaliste contient "des quantités importantes d'amiante", "aurait dû être pris en charge pour sa démolition par les pays européens, mais il est parti à la sauvette, dans des conditions rocambolesques", depuis le port de Marseille, a assuré à l'AFP une porte-parole, Christine Bossard.

"Le départ de l'Atlantic Star n'a pas fait l'objet d'une notification en application de la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et de leur élimination", a-t-elle précisé.

Le paquebot de 240 m a appartenu à l'armateur espagnol Pullmantur, filiale de la compagnie américaine Royal Caribbean Cruise Line (RCCL), selon Robin des Bois. Mais fin décembre 2012, les chantiers STX France ont accepté de récupérer l'épave dans le cadre de la commande d'un paquebot par RCCL.

"Au lieu de procéder à un démantèlement de l'Atlantic Star en Europe, avec toutes les contraintes financières et techniques d'un désamiantage rigoureux et de l'élimination des autres déchets dangereux, STX France a cédé le vieux paquebot à Skandinor, une filiale de STX Europe dont le siège est en Norvège. En fin de cascade, c'est la Belinda Shipholding Corp, établie aux Iles Marshall, qui se retrouve juridiquement propriétaire de l'Atlantic Star et qui assume la responsabilité d'une démolition hasardeuse", dénonce Robin des Bois dans un communiqué.

Le chantiers navals n'était pas joignables dans l'immédiat pour une réaction.

"L'Espagne, Malte et la France se sont organisés pour ne pas assumer leurs responsabilités au regard de la réglementation européenne sur l'exportation de déchets dangereux", estime-t-elle. "Ce montage illustre jusqu'à la caricature les pratiques des armateurs européens pour s'exonérer de leurs responsabilités au moment du dernier voyage de leurs navires".

La CGT du Var a demandé pour sa part dans un communiqué "au gouvernement d'intervenir immédiatement pour faire rapatrier le paquebot (...) à Marseille afin qu'il soit déconstruit en France".