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Mobilisation en Russie pour exiger la libération du photographe de Greenpeace


MOSCOU, 26 sept 2013 (AFP) -

Des journalistes et des opposants se mobilisaient jeudi pour réclamer la libération du photographe de Greenpeace mis en détention pour deux mois par un tribunal russe et qui risque 15 ans de prison avec 29 militants de l'ONG pour "piraterie".

Denis Siniakov, photographe freelance travaillant régulièrement pour Greenpeace et qui a travaillé dans le passé pour l'AFP et l'agence Reuters à Moscou, a été placé jeudi en détention provisoire par un tribunal de Mourmansk (nord-ouest de la Russie).

Il avait été arrêté comme 29 autres membres de l'équipage de l'Arctic Sunrise, un navire de Greenpeace battant pavillon néerlandais, après une action de protestation contre une plateforme de Gazprom en Arctique.

Une cinquantaine de personnes - parmi lesquelles figuraient essentiellement des journalistes mais aussi les opposants Ilia Iachine et Evguenia Tchirikova - se sont rassemblées jeudi en fin de journée devant le siège du Comité d'enquête à Moscou avec des pancartes clamant "Un journaliste n'est pas un pirate ! Liberté pour Denis Siniakov", selon la radio Echo de Moscou.

L'Union des journalistes de Russie a l'intention de s'adresser au Parquet général pour demander la libération du photojournaliste, a de son côté indiqué son président, Vsevolod Bogdanov.

"Nous estimons que dans ce cas, le statut légal et social de la profession de journaliste a été violé. Siniakov n'a pas participé à l'action organisée par les militants de Greenpeace, mais ne faisait que remplir son devoir professionnel en photographiant les événements", a-t-il déclaré sur Echo de Moscou, soulignant que cela ternissait l'image de la Russie.

Plusieurs médias russes, dont Echo de Moscou et le site d'information en ligne Gazeta.ru, ont annoncé qu'ils ne publieront pas de photos sur leur page d'ouverture vendredi en signe de solidarité avec M. Siniakov.

L'ONG Reporters sans frontières a aussi dénoncé "une violation inacceptable de la liberté de l'information" et déploré que le "Comité d'enquête russe criminalise le journalisme aussi bien que le militantisme".

Au tribunal, M. Siniakov a réfuté être "un collaborateur" de Greenpeace. "Je suis un journaliste. Vous pouvez voir mes photos dans les médias de Russie et du monde entier. Tout mon équipement a été saisi. Ma seule arme était mon appareil photo", a-t-il dit dans des propos cités par le communiqué de RSF.