Selon la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine, 4,5 millions d’euros sont encore nécessaires pour restaurer le voilier, sur un chantier total d’environ 10 millions d’euros.
Tee-shirts et sweat-shirts rouges, une cinquantaine de personnes a participé samedi au « Relais de la flamme de l’Hermione », une marche dans les rues de Rochefort derrière une « flamme », pavillon blanc en tissu symbolisant le combat.
« Quand on a appris que la situation était à ce point dramatique, on a voulu montrer le bateau autrement que pour ses problèmes techniques », a déclaré à l’AFP Grégoire Castelot, l’un des gabiers (nom donné aux matelots) de l’Hermione. « Ce relais n’est pas directement un appel aux dons. Nous voulons rappeler qu’elle a changé des vies, qu’il y a des aventures humaines derrière tout cela. »
Bénévoles et gabiers ont distribué des tracts et entonné des chants marins, avant d’être reçus devant la mairie.
« Nous sommes très attachés à l’Hermione mais la ville n’a plus les moyens de la soutenir financièrement », a rappelé le maire Hervé Blanché (LR), précisant être en contact avec l’ambassade des États-Unis à Paris pour tenter d’approcher des mécènes américains.
La reproduction du trois-mâts, réalisée par l’association Hermione-La Fayette pour un budget total de 25 millions d’euros, est en cours de restauration depuis septembre 2021 après la découverte de champignons sur sa coque.
Le rapport de la CRC fait état d’une situation financière « très tendue » pour l’association et juge « urgente » l’obtention de financements privés.
L’association propriétaire du navire, qui a renoncé à participer au 250e anniversaire de l’indépendance américaine en 2026, a lancé au printemps un appel aux dons pour « sauver » l’Hermione, actuellement mise à sec à Anglet (Pyrénées-Atlantiques).
Le chantier initial du navire avait duré de 1997 à 2011 à Rochefort, avant que la frégate n’entame une tournée triomphale de six mois aux États-Unis d’un coût de près de 700.000 euros, selon la CRC. D’après ses défenseurs, l’Hermione a généré 70 millions d’euros de recettes (visites, formations, mécénat, réceptions…) depuis sa création.
Après Anglet, Bordeaux et Rochefort, les gabiers comptent reproduire des mobilisations similaires à Brest, Rouen et La Rochelle d’ici novembre.




