« Les prévisions laissent présager d’une mousson globalement plus sèche, mais cela ne signifie pas moins de risques », met en garde l’hydrologue Manish Shrestha, du Centre international pour le développement intégré de la montagne (ICIMOD), basé au Népal.
« Des épisodes pluvieux courts mais intenses peuvent générer de sérieux dangers », ajoute-t-elle.
Des périodes prolongées de sécheresse suivies d’intenses précipitations accroissent le risque d’inondations et de glissements de terrain, insiste l’institution.
Les désastres climatiques sont fréquents pendant la période de la mousson d’été en Asie (juin-septembre), mais le réchauffement climatique a accru ces dernières années leur intensité et leur fréquence, selon les scientifiques.
Le massif de l’Himalaya et de l’Hindu Kush, qui s’étend du Pakistan à l’ouest jusqu’à la Birmanie à l’est, accueille les plus importantes réserves de glace et de neige de la planète après l’Arctique et l’Antarctique.
Ces réservoirs nourrissent une dizaine d’importants bassins fluviaux de la région, indispensables à l’accès en eau, en nourriture et en énergie de près de 2 milliards de personnes. La mousson d’été déverse à elle seule 70 à 80% de ses précipitations annuelles.
« Des températures plus chaudes combinées à un recul des précipitations peuvent limiter l’approvisionnement des fleuves, des sources et des autres bassins », a mis en garde un autre expert de l’ICIMOD, Sher Muhammad.
Les scientifiques préconisent le renforcement des systèmes de surveillance et d’alerte de ces bassins.
« Les risques de sécheresse et d’inondations ne peuvent plus être gérés séparément », a plaidé Arun Bhakta Shrestha.
« Des systèmes d’alerte précoce, des prévisions météo à court terme et une meilleure préparation au niveau local doivent être mis en place simultanément pour mieux gérer les risques », a-t-il ajouté.
La fonte des glaciers et les constructions humaines dans les zones à risque aggravent les dommages causés par les épisodes météorologiques violents.




