Brexit : un « no deal » peut-être « préférable à un mauvais deal » (pêcheurs français)

« On est en train de se demander si un +no deal+ n’est pas préférable à un mauvais deal », a déclaré Hubert Carré, directeur général du comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), sur le plateau de BFM Business, alors que les discussions entre Britanniques et Européens, qui achoppent sur la pêche, devaient se poursuivre lundi, après l’échéance d’un nouvel ultimatum.

Les tractations se concentrent sur le partage des 650 millions d’euros de produits de la mer pêchés chaque année par l’UE dans les eaux britanniques et la durée de la période d’adaptation pour les pêcheurs européens.

Bruxelles proposerait de renoncer à environ 20% des 650 millions à l’issue d’une période de transition de sept ans, Londres en revendiquant 60% sur une période de 3 ans, selon des sources européennes.

« On considère que l’offre que la Commission a pu faire est déjà trop, trop importante », a déclaré M. Carré, considérant que « les Anglais (…) sont très gourmands ».

« On s’aperçoit que, dans la dernière ligne droite, c’est la pêche qui coince et on ne voudrait pas qu’il y ait un mauvais accord sur notre dos, sur le dos des pêcheurs français, sur le dos de toute la filière européenne, parce qu’on n’est pas les seuls, on est neuf Etats-membres dépendants de la pêche, de l’accès aux eaux britanniques et de la capacité à pouvoir pêcher dans les eaux britanniques », a-t-il précisé.

Outre les pêcheurs britanniques, les marins-pêcheurs de huit Etats-membres de l’UE sont en effet extrêmement dépendants de l’accès aux eaux britanniques, très poissonneuses, pour la survie de leurs armements.

Si 30% des captures de la pêche française proviennent des eaux britanniques, l’Irlande, l’Espagne, les Pays-Bas, la Suède, l’Allemagne, le Danemark et la Belgique sont également très dépendants de la ressource qui peuple ces eaux.

Pour la Belgique, qui compte certains ports parmi les plus importants d’Europe comme celui d’Anvers, les prises réalisées dans les eaux britanniques représentent 70 à 80% des prises totales.

S’il a concédé que la fin de l’accès aux eaux britanniques serait « catastrophique pour tout le monde », M. Carré a souligné que la politique commune de la pêche européenne (PCP) « est assez compliquée et si on fait de la dentelle, on s’aperçoit qu’en réalité, il n’est plus possible pour les pêcheurs de pêcher ».

« On est en train de se battre pour qu’il y ait cette pérennité de la pêche française et actuellement, on est très, très, très inquiets sur l’accord qui peut-être va se passer cette semaine avec les Britanniques », a conclu M. Carré.

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