Calme plat au port de Calais, après la suspension des transports en provenance du Royaume-Uni

Au terminal ferry, en ce milieu de matinée de grisaille, il y a bien une dame, accoudée au bureau de change, mais… c’est une Calaisienne, venue effectuer une opération pour son entreprise. A l’extérieur, les parkings sont quasiment vides.

Au guichet, Eduard, un Roumain vivant à Birmingham, achète un billet. « J’ai laissé ma famille en Angleterre pour rendre visite à mon père malade, et je m’apprête à la retrouver », explique-t-il. Il est l’un des rares clients à s’embarquer pour Douvres, même si le panneau d’affichage égrène les départs à venir.

Robert, lui, agite les bras, agacé, en parlant avec un agent du port. Il voulait aller passer les fêtes avec son fils qui vit à Londres et avait son billet mais vient de se faire refouler à l’entrée d’un ferry. « J’ai fait 300 km pour venir et je n’ai plus qu’à les refaire… » regrette ce Parisien. « Mon fils habite dans une zone rouge, il n’a pas le droit de recevoir de visite ».

Programme contrarié également pour Marisa Fernandes, qui habite à Peterborough, dans l’est de l’Angleterre: le membre de sa famille du Luxembourg qui l’accompagnait pour passer les fêtes en Angleterre ne peut embarquer. Elle va repartir seule. « Comment faire ? On verra dans 48 heures… », dit-elle, dépitée.

Le standard du terminal ferry a beaucoup sonné ce matin: des appels de personnes souhaitant savoir si les bateaux circulaient. Réponse: aucun problème pour partir, mais impossible de rentrer dans les 48h.

– La problématique Douvres –

C’est pourquoi David Sagnard, patron de l’entreprise de transports Carpentier à Calais, mais aussi président régional de la FNTR (Fédération nationale des transports routiers), a préféré laisser ses camions à l’arrêt ce lundi.

Conséquence: une perte de chiffre d’affaires « d’environ 10.000 euros, à raison de 7 à 800 euros par véhicule… ». « On réfléchit à une solution de trafic non accompagné – par containers – mais à Douvres, la congestion est telle qu’un véhicule venant chercher une remorque n’arriverait pas à rejoindre le port… », soupire-t-il encore.

Très peu de routiers en vue, donc, à l’embarquement ce lundi matin, y compris à quelques kilomètres de là sur le site du tunnel sous la Manche où la seule activité palpable était celle des camions de CRS, gyrophares allumés, surveillant d’éventuelles intrusions de migrants.

Même si le gros du trafic se concentre le mercredi et le jeudi, la jauge est plus faible que d’habitude et il n’y avait aucun camion sur les rampes d’accès au tunnel vers 11h00. Selon l’opérateur Getlink, le trafic était inférieur d’un tiers au prévisions. « C’est mort de chez mort, normalement un lundi matin, 60 à 80 camions partent d’ici vers l’Angleterre. Aujourd’hui, c’était peut être 15 », glisse aussi un agent d’une grande aire de repos et parking privé de Marck, en périphérie de Calais.

En fin de journée, il n’y avait « absolument pas de camions en attente de traversée », a rapporté vers 19H00 le PDG des ports de Calais et Boulogne, Jean-Marc Puissesseau.

« Chaque camion passe relativement facilement, 1.100 camions ont traversé depuis minuit le détroit, trois ou quatre autocars, une centaine de voitures », a-t-il détaillé sur France 3 Hauts-de-France. « Des bateaux partent relativement remplis, et reviennent à vide, à l’exception de remorques non accompagnées (sans chauffeur sur des ferrys). Une centaine de remorques non accompagnées sont arrivées aujourd’hui de Grande-Bretagne ».

Très peu de trafic aussi sur les autoroutes alentours, où les panneaux lumineux de signalisation rappellent la « fermeture stricte » du trafic dans le sens Royaume-Uni-France. Sur une aire d’Offerkerque, à moins de 5 km de Calais, le routier roumain Boros Laszlo se repose. Arrivé vendredi en Angleterre, il a réussi à passer in extremis dimanche: « j’ai eu de la chance, j’ai pris un bateau à 23h05! », dit-il, satisfait de pouvoir être chez lui pour Noël, après un chargement en Belgique.

bj-cor-rl-jpa/alc

Les Infos Mer de M&O

Soudeur naval, un métier stratégique

Un article de Alan Le Gall*, Soudeur naval Derrière chaque bâtiment de combat de la Marine nationale s’inscrit une chaîne industrielle rigoureuse, structurée et...

Liban : nouvelles frappes israéliennes à Beyrouth, craintes d’une occupation du sud

De nouvelles frappes israéliennes ont visé Beyrouth dans la nuit, faisant sept morts et plusieurs dizaines de blessés selon les autorités libanaises. L’aviation...

Ouistreham : un chalutier saisi pour trafic de cocaïne vendu 300 000 euros aux enchères

Un chalutier de 18 mètres, saisi en 2025 dans le cadre d’un trafic maritime de cocaïne entre le Brésil et la Normandie, a...

29 mars 1967 : lancement du premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins français LE REDOUTABLE

Source vidéo du 9 juillet 1969 : INA Le général de Gaulle est présent et déclare : "C’est une journée capitale pour notre Marine,...

France – Philippines : un accord pour renforcer la coopération militaire en Indo-Pacifique

La France et les Philippines ont signé un accord permettant à leurs forces armées de participer à des exercices conjoints sur leurs territoires...

Washington accuse Chine de cibler des navires panaméens

Les États-Unis accusent la Chine de retenir des navires sous pavillon panaméen dans ses ports, dans un contexte de tensions croissantes autour du...

Plus de lecture

M&O 290 - Mars 2026

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.