Chantiers navals STX: une diversification réussie dans l’éolien en mer

Le constructeur naval a profité de l’inauguration mardi de sa nouvelle usine dédiée aux EMR, Anemos (« le vent » en grec ancien), pour livrer ces « deux bonnes nouvelles commerciales », avec lesquelles STX fait son entrée sur le marché européen des énergies marines renouvelables.

La première, la signature d’une commande ferme pour une sous-station électrique de 500 mégawatts pour un champ éolien offshore en Europe du Nord, pour un montant de 100 millions d’euros environ, qui sera « l’une des plus grosses sous-stations à courant alternatif développées pour l’éolien offshore », a indiqué Frédéric Grizaud, directeur de la business unit « Energies marines » de STX France.

La seconde, la signature d’une lettre d’intention de commande d’une autre sous-station de 500 MW pour « un autre client nord-européen », qui comme son concurrent a souhaité conserver son identité confidentielle, selon M. Grizaud.

Chacun de ces projets, respectivement livrables début 2018 et fin 2017, représente « un demi-million d’heures de travail », a-t-il mis en avant.

Ces deux signatures « tant attendues » sont « la reconnaissance de cinq années d’un travail acharné, nourries d’espoir et de moments difficiles », a souligné Frédéric Grizaud. Vingt millions d’euros ont été investis dans cette nouvelle usine, dont la construction avait été lancée à l’automne dernier « sans commande, sans engagement de nos clients », a-t-il rappelé.

Anemos emploiera à pleine charge 200 personnes, pouvant réaliser jusqu’à « deux sous-stations de 500 MW par an ou une vingtaine de fondations d’éoliennes », a-t-il précisé.

– « Concurrents affûtés »

Encore vide d’ouvriers, l’usine implantée au bord du bassin C, où s’achève la construction du paquebot géant « Harmony of the Seas », doit commencer la production des deux sous-stations électriques l’hiver prochain et va procéder à l’embauche de « plusieurs dizaines de chaudronniers et de soudeurs », a signalé Laurent Castaing, directeur général de STX France, qui emploie 2.400 personnes et fait travailler 4.000 sous-traitants.

Quand STX a pris le virage de l’éolien en mer il y a cinq ans, le constructeur naval est alors frappé de plein fouet par la crise économique et son carnet de commandes pour la construction de paquebots et de navires de croisière, son coeur de métier, est quasi vide.

Alors que la France, où aucun champ d’éoliennes offshore n’a encore vu le jour, accuse un retard de plusieurs années sur le secteur des énergies marines renouvelables, STX s’est tourné vers l’Europe du Nord, où « le marché est très actif » et pèse « plusieurs milliards d’euros par an », a assuré M. Castaing.

« La filière industrielle, elle est en train de se faire en Europe du Nord. Les concurrents sont très affûtés et face à cette situation, on s’est dit: on ne peut pas attendre la France, il faut aller chercher les commandes en Europe du Nord », a-t-il déclaré.

Les chantiers navals avaient déjà signé en décembre 2012 une première commande pour une sous-station électrique, à un moment où ils achevaient une deuxième année d’affilée sans commande de navire de croisière.

Cette sous-station, livrée en avril 2014 à Dong Energy, premier énergéticien d’Europe du Nord, avait été construite dans un atelier de construction navale, une production aujourd’hui irréalisable avec un carnet de commandes pour des paquebots rempli jusqu’à 2020.

STX France, qui veut être « l’incarnation » de la croissance verte, a pour objectif de réaliser 20% de son chiffres d’affaires dans les énergies renouvelables d’ici à cinq ans, a rappelé son directeur général.

Dernier grand chantier naval français, STX France (ex-Chantiers de l’Atlantique) est détenu à 33% par l’Etat français et à 66% par STX Europe (filiale du sud-coréen STX Shipbuilding), qui l’a mis en vente en mai 2014.

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