Cinq choses à savoir sur les îles anglo-normandes

Paris, 6 mai 2021 (AFP) – Voici cinq choses à savoir sur les îles anglo-normandes, théâtre de vives tensions entre Londres et Paris en raison des restrictions d’accès aux eaux de Jersey imposées aux pêcheurs français depuis le Brexit.

– Citoyens de Sa Majesté –

Jersey, Guernesey et le chapelet d’îles voisines composent les îles anglo-normandes, qui comptent 165.000 habitants, citoyens britanniques.

Ces îles n’appartiennent toutefois ni au Royaume-Uni, ni aux territoires britanniques d’outre-mer.

Considérées comme des dépendances appartenant à la Couronne britannique, elles reconnaissent la reine Elizabeth II en tant que cheffe d’Etat.

Elles n’envoient pas de députés au Parlement de Westminster et élisent directement leurs propres assemblées et gouvernements locaux.

Ces îles disposent par ailleurs d’un cadre législatif et d’une fiscalité spécifiques.

La diplomatie est le seul domaine placé sous la tutelle de Londres: n’étant pas reconnu comme un Etat souverain, Jersey ne peut signer d’accords internationaux, qui s’appliquent à son territoire seulement si une telle extension est prévue lors de la ratification du texte par le Royaume-Uni.

– Proches de la France –

Les îles anglo-normandes sont plus proches de la France que de la Grande-Bretagne, situées à environ 22 km au large de la pointe du Cotentin (Normandie) et 130 km au sud de l’Angleterre.

La plus grande est Jersey (120 km2). A environ 40 km au nord-ouest de celle-ci, se trouve Guernesey (63 km2).

Appartenant au Duché de Normandie depuis 933, ces îles passent sous pavillon anglais quand Guillaume le Conquérant prend possession de l’Angleterre en 1066.

Les îles anglo-normandes ont été occupées pendant la Deuxième Guerre mondiale par l’Allemagne nazie, prises sans résistance à la France en 1940. L’Allemagne ne les rétrocèdera qu’en mai 1945.

– Brexit: nouvelles règles en place –

Les îles anglo-normandes ont suivi le Royaume-Uni en quittant l’union douanière et le marché unique au moment du Brexit. Et ce, même si les habitants n’ont pas participé au référendum sur la sortie du l’UE en 2016.

Depuis le départ du Royaume-Uni de l’UE, elles doivent s’acquitter de droits de douane avec l’UE et ont davantage de démarches administratives à effectuer pour exporter.

Le secteur-clé de la pêche, qui exporte surtout vers la France, est particulièrement touché par ces nouvelles règles.

La France proteste depuis plusieurs jours contre de nouvelles exigences sur les conditions de pêches imposées aux marins français qui, selon Paris “n’ont pas été concertées, discutées ni notifiées avant”, dans le cadre de l’accord sur le Brexit, en vigueur depuis le 1er janvier 2021.

– Fiscalité avantageuse –

Libres d’instaurer leur propre fiscalité, les îles ont mis en place un système fiscal avantageux qui les placent parmi les principales places financières offshore du monde.

Le taux d’imposition sur les sociétés est fixé à 0%, excepté pour les entreprises du secteur financier, dont les bénéfices sont taxés à 10%.

Le taux maximum de l’impôt sur le revenu est fixé à 20%.

Jersey accueille 24 banques disposant de 131,5 milliards de livres (151,9 milliards d’euros) de dépôts, et plus de 400 fonds d’investissements pesant 378,1 milliards de livres (436 milliards d’euros), selon les données de Jersey Finance, l’association des professionnels du secteur.

– Influence anglaise –

Les insulaires utilisent la livre, roulent à gauche et parlent anglais.

Une petite frange de la population continue cependant de parler le jersiais et le guernesiais, deux dialectes normands proches du français.

Célèbre pour sa laine, Jersey est également connue pour avoir donné son nom à un style de tricot.

L’histoire de la littérature française passe aussi par Guernesey: c’est à Hauteville House que Victor Hugo, alors en exil, écrivit son chef d’oeuvre “Les Misérables”.

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