Climat: des banques accélèrent leurs engagements, sous l’oeil d’ONG sceptiques

“Les banques françaises portent une part de responsabilité dans le développement des nouvelles centrales à charbon et l’aggravation de la crise climatique”, dit l’ONG Les Amis de la Terre, qui publie un rapport aux côtés des altermondialistes d’Attac et des écologistes de 350.org.

L’étude, qui concerne la période de début 2014 à fin 2017, est publiée à l’occasion du “Climate Finance Day”, volet financier du sommet climat qui se tiendra mardi dans la capitale française pour les deux ans de l’accord mondial de Paris.

Les Amis de la Terre, qui reconnaissent que les banques françaises bien moins impliquées que les chinoises dans les investissements en actions et en obligations dans les grands producteurs de charbon, leur reprochent surtout de prêter beaucoup directement à ces acteurs et mettent particulièrement en cause trois établissements.

Tous types de financements confondus, BNP Paribas est le 41e plus gros financeur mondial du charbon, Société Générale le 45e et Crédit Agricole le 52e, selon le classement de l’ONG.

Une trentaine de manifestants, dont une douzaine déguisés en escargots aux couleurs de Société Générale, s’étaient d’ailleurs rassemblés lundi devant le ministère de l’Economie, où se tient le Climate Finance Day, pour dénoncer les investissements de cette banque dans les énergies fossiles.

L’offensive des Amis de la Terre a lieu au moment où les banques françaises, qui ont globalement décidé en 2016 ou 2017 de ne plus financer de nouvelles centrales à charbon, font part de nouveaux engagements à l’occasion du Climate Finance Day, principalement sur l’arrêt de financements d’activités pétrolières liées aux sables bitumineux ou réalisées dans l’Arctique.

Crédit Agricole, Société Générale et Natixis, filiale cotée de BPCE, ont fait des annonces en ce sens depuis une semaine. BNP Paribas avait déjà pris des engagements semblables en octobre.

“Crédit Agricole ne prend des mesures que sur les projets (…), alors que BNP a pris des engagements sur les projets et sur les entreprises très actives dans ces secteurs”, arbitraient vendredi les Amis de la Terre dans un communiqué séparé de leur rapport de lundi et publié avant les annonces de Société Générale et Natixis.

Les critiques formulées lundi par les ONG ne se concentrent par ailleurs pas que sur le privé: 350.org a consacré son rapport à la Caisse des dépôts (CDC), bras financier de l’Etat, accusant “le soutien apporté par la CDC à l’industrie fossile”.

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