Corse: l’accostage d’un bateau de croisière retardé par des nationalistes

Ajaccio, 9 juil 2022 (AFP) – Un bateau de croisière de la compagnie TUI, le “Mein Schiff 2”, a accosté samedi matin à Ajaccio avec une heure de retard après avoir été bloqué dans le golfe par des militants nationalistes.

Dès l’aube, cinq militants de Core in Fronte, parti indépendantiste représenté à l’assemblée de Corse, ont grimpé dans une petite embarcation et empêché le géant de s’arrimer au port ajaccien pendant qu’une dizaine de soutiens manifestaient sur le quai.

Véronique Pietri, élue à l’assemblée de Corse, était présente lors de cette opération.

“Nous tenions à mener cette action avec cette compagnie car elle a été condamnée en mai dernier pour des rejet excessifs sur le port de Marseille. Nous ne sommes pas contre les croisières par principe, nous demandons simplement une régulation et une étude approfondie sur l’impact environnemental et sanitaire. On sait déjà qu’un bateau à quai durant une journée, moteur en marche pollue autant que 800.000 à 1 million de voitures. Nous choisirons toujours la santé à l’économie”, a expliqué à l’AFP Luc Bernardini, porte-parole de Core in Fronte

“Le 17 juin, via nos réseaux sociaux, nous avons sollicité une réunion sur le sujet et nous n’avons eu aucune réponse, c’est pour cette raison que nous avons agi”, a justifié le porte-parole parlant d'”une action symbolique”. Les militants ont eux évoqué “le respect du peuple” qui n’a pas “à subir une intoxication permanente”.

Lundi, quatre nouveaux bateaux de croisière sont attendus dans la cité impériale, selon Luc Bernardini. Mercredi, l’association de défense de l’environnement “A Sentinella” appelle à un rassemblement devant la mairie d’Ajaccio. Les militants de Core in Fronte seront présents.

Contactée, la chambre de commerce et d’industrie de Corse-du-Sud, gestionnaire du port, n’a pas été joignable.

Les manifestations contre des bateaux de croisière jugés polluants se sont multipliées ces derniers mois.

Le 17 juin, un navire a été prié de quitter le port de Nice quelques heures après son arrivée suite à des plaintes de riverains concernant les fumées qu’il dégageait.

Quelques jours plus tôt, une vingtaine de militants en canoë, avait bloqué pendant deux heures l’entrée dans le port de Marseille du plus gros paquebot du monde, le “wonder of the seas” en dénonçant également “la pollution de l’air” générée par l’industrie des croisières.