DCNS a livré à l’Egypte le second navire de guerre Mistral

Le pavillon égyptien a été hissé vers midi sur le pont d’envol du bâtiment de projection et de commandement (BPC) « Anwar El Sadate », un navire polyvalent long de 199 mètres et capable de déplacer 22.000 tonnes, construit au chantier naval STX France de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour DCNS.

« Aujourd’hui, grâce à cette coopération exceptionnelle, digne héritière de l’amitié qui nous lie, l’Egypte rejoint le club fermé des marines qui disposent de porte-hélicoptères », a déclaré Hervé Guillou, PDG de DCNS, lors de la cérémonie de transfert de pavillon.

L’ex-« Vladivostok », qui avait été mis à flot à Saint-Nazaire en octobre 2013, doit quitter le port à la fin du mois, avec à son bord 180 marins, et rejoindre son port d’attache en Egypte, Alexandrie, le « 1er octobre », a indiqué le commandant des forces armées égyptiennes, Osama Mounir Mohamed Rabie.

Le premier porte-hélicoptères commandé en 2011 par Moscou, puis revendu au Caire, avait lui quitté Saint-Nazaire le 12 juin, dix jours après sa livraison, en toute discrétion.

Après avoir fourni en juin une frégate FREMM et ces deux BPC, DCNS doit encore livrer quatre corvettes Gowind à la marine égyptienne, dont la première, construite à Lorient (Morbihan), sera mise à l’eau samedi.

« D’ici 2020, notre groupe aura fourni sept navires à l’Egypte », s’est réjoui le PDG de DCNS. Une option a également été mise sur deux corvettes supplémentaires.

Le rachat des deux porte-hélicoptères par l’Egypte, pour environ 950 millions d’euros, grâce à un financement saoudien, avait mis fin à une affaire dans laquelle la France était empêtrée depuis le début de la crise ukrainienne.

La rupture du contrat avec Moscou, en raison de la politique russe à l’égard de Ukraine, avait entraîné le remboursement par la France de quelque 949,7 millions d’euros. Une somme correspondant aux avances versées par la Russie, auxquels se sont ajoutés divers frais de gardiennage – pour plusieurs millions d’euros – et de maintien en état opérationnel des navires, stationnés pendant plusieurs mois dans le port de Saint-Nazaire.

Après l’annulation du contrat avec la Russie, et la finalisation de la vente avec l’Egypte, en octobre 2015, il a fallu, avant de livrer ces deux navires, démonter les systèmes de communication russes et les remplacer par de nouveaux équipements. Le porte-hélicoptères a pris le nom de l’ancien président égyptien assassiné en 1981, Prix Nobel de la Paix en 1978.

Arrivés à Saint-Nazaire en mars et en juin, 360 marins égyptiens ont suivi une formation express, comprenant notamment deux sorties en mer pour chaque équipage, pour « prendre en main ce véritable couteau-suisse de la marine » d’une manière « exceptionnellement rapide », a souligné Hervé Guillou.

Plus gros navires de guerre français après le porte-avions Charles de Gaulle, les BPC peuvent transporter des troupes -jusqu’à 700 hommes-, une vingtaine d’hélicoptères grâce à 6.500 m2 de pont d’envol, des barges de débarquement, des chars d’assaut et une soixantaine de véhicules.

Ils peuvent débarquer des troupes sur un théâtre d’opérations mais aussi assurer des missions humanitaires de grande ampleur, grâce notamment à un hôpital embarqué et 69 lits.

Les trois premiers BPC construits par DCNS et STX avaient été livrés à la marine française entre 2006 et 2012.

asl/jlv/az

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