« Nous soutiendrons tout ce qui permettra d’éliminer toute menace à notre sécurité, non seulement en termes de souveraineté (…), nous devons tous nous unir pour combattre la criminalité transnationale, lutter contre le trafic de drogue », a-t-il affirmé à des journalistes après avoir voté lors des élections générales au Guyana.
Il a toutefois assuré vouloir soutenir « tous les efforts visant à garantir que cette région reste une zone de paix ».
Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a de son côté nié lundi toute responsabilité dans l’attaque supposée d’un bateau guyanien transportant du matériel électoral dans l’Essequibo que convoite Caracas.
« Ce n’est rien de plus qu’un +fake+ », a-t-il réagi, accusant le gouvernement du Guyana de chercher à encourager un « front de guerre ».
Irfaan Ali a affirmé lundi que son pays avait « essuyé des tirs du côté vénézuélien à plusieurs reprises au cours des derniers mois », et que par conséquence « les forces de sécurité sont en état d’alerte maximale ».
« Nous devons comprendre la menace du Venezuela. Nous en avons dit tout au long de la campagne que le Venezuela est une menace », a-t-il insisté.
Washington a déployé des navires de guerre et des forces militaires dans les Caraïbes dans le cadre d’opérations antidrogue. Caracas estime qu’il s’agit d’une « menace ».
Le Guyana organise lundi des élections qui doivent donner un nouveau président et une nouveau Parlement au pays de 850.000 habitants, qui dispose des plus grandes réserves de pétrole per capita de la planète. La plus grande partie de ces réserves se trouvent dans l’Essequibo, région convoitée par le Venezuela voisin.
Ce n’est pas la première fois que l’un des deux pays dénonce des tirs sur un de ses bateaux, chaque capitale se gardant toutefois de citer les forces armées de l’autre pays. Le Guyana s’est borné à faire état de coups de feu « provenant du rivage vénézuélien ». Par le passé, des « hommes armés » avaient été évoqués.
Irfaan Ali, qui a reçu le soutien de Washington dans le différend entre les deux pays, a adopté une position ferme face au Venezuela, qui a relancé ses prétentions sur l’Essequibo en 2019 après la découverte de nouvelles réserves d’hydrocarbures.
Le Guyana estime que le tracé de sa frontière, datant de l’époque coloniale anglaise, a été entériné en 1899 et demande à la Cour internationale de justice (CIJ) de le ratifier. Le Venezuela, qui ne reconnait pas la compétence de la CIJ, assure pour sa part que le fleuve Essequibo, situé plus à l’est, doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l’époque de la colonisation espagnole, et réclame des négociations. Ce que refuse le Guyana.




