Deux navires de guerre iraniens à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb

“Nous sommes actuellement présents dans le Golfe d’Aden et les destroyers Alborz et Bouchehr patrouillent précisément à l’entrée de Bab el-Mandeb”, a déclaré l’amiral Habibollah Sayari, cité par l’agence officielle Irna.

“Nous sommes présents dans le Golfe d’Aden conformément aux règles internationales pour assurer la sécurité des navires marchands de notre pays face à la menace des pirates”, a-t-il ajouté.

Le détroit de Bab el-Mandeb voit passer environ quatre millions de barils de brut par jour (mbj), qui s’en vont plus au nord via le canal de Suez ou l’oléoduc Sumed.

La semaine dernière, un responsable américain avait affirmé qu’un porte-avions et un navire lance-missiles américains s’étaient retirés des eaux au large du Yémen après qu’un convoi de navires iraniens, soupçonnés par Washington de transporter des armes à destination des rebelles chiites au Yémen, eut fait demi-tour.

“L’information selon laquelle les navires iraniens ont reçu des avertissements et ont quitté la zone n’est pas correcte”, a toutefois indiqué l’amiral Sayari en précisant toutefois que les bâtiments iraniens n’entreront pas “dans les eaux territoriales d’autres pays”, en allusion au Yémen.

“Ce groupe naval restera jusqu’au 22 juin dans la zone et sera ensuite relevé par un autre groupe naval” iranien, a-t-il ajouté.

Sept navires de guerre américains restent positionnés à proximité du Yémen, où des rebelles chiites soutenus par l’Iran affrontent des partisans du président en exil à Ryad et sont la cible de raids aériens d’une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite, qui a imposé un blocus aérien et maritime sur ce pays.

L’Iran continue de nier farouchement tout soutien militaire aux rebelles chiites au Yémen et a de nouveau demandé la fin des bombardements de la coalition arabe ainsi que l’ouverture d’un dialogue inter-yéménite sous l’égide de l’ONU pour mettre fin à la crise.

Depuis plusieurs années, la marine iranienne déploie des navires de guerre dans le Golfe d’Aden mais aussi dans l’océan Indien.

A Téhéran, le chargé d’affaires saoudien a été convoqué jeudi au ministère iranien des Affaires étrangères qui a “vigoureusement protesté” contre l’intervention mardi d’avions saoudiens visant à empêcher un appareil iranien chargé d’aide humanitaire d’atterrir à Sanaa, capitale du Yémen.

Des avions de la coalition ont bombardé une piste de l’aéroport de Sanaa, contrôlé par les rebelles, pour empêcher cet appareil de s’y poser.

“L’intervention des chasseurs saoudiens, qui a mis en danger la vie de l’équipage et des membres du Croissant rouge iranien qui apportaient des aides médicales aux Yéménites et voulaient ramener des blessés, est inacceptable”, a affirmé un haut diplomate iranien, selon Irna.

C’est la quatrième fois depuis un mois que le chargé d’affaires saoudien en Iran est convoqué pour différentes affaires, signe des tensions grandissantes entre Téhéran et Ryad.

L’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite s’opposent à propos du Yémen mais aussi de la situation en Syrie, en Irak, au Liban et à Bahreïn.

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.

5 MOIS EN ANTARCTIQUE