« Il est très important pour les deux Etats membres, pour l’UE et pour toute la région que le jugement de l’arbitrage soit respecté et mis en oeuvre dans son intégralité », a déclaré Mme Mogherini en marge d’une conférence diplomatique régionale dans la ville slovène de Bled.
Dans ce pays de l’espace balkanique où les foyers de tensions entre gouvernements restent nombreux, Mme Mogherini a insisté sur « l’importance de montrer au reste de la région qu’il faut respecter les règles ».
La Commission européenne avait déjà appelé Zagreb et Ljubljana à mettre en oeuvre la décision rendue le 29 juin par la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, au terme de huit ans de procédure, et qui octroie à la Slovénie un couloir d’accès aux eaux internationales depuis la petite baie de Piran, sur l’Adriatique.
Le Premier ministre croate Andrej Plenkovic avait immédiatement rejeté la sentence dans ce différend qui empoisonne les relations entre les deux anciennes républiques yougoslaves depuis leur indépendance en 1991, ajoutant que son gouvernement n’avait pas l’intention de s’y conformer.
L’arbitrage octroie également à la Slovénie une emprise plus grande sur la baie de Piran –actuellement partagée entre les deux pays– et statue sur plusieurs autres micro différends frontaliers le long des 670 kilomètres de démarcation terrestre entre les deux pays.
Depuis la décision de La Haye, des médias slovènes ont fait état d’incidents mineurs entre bateaux patrouilleurs des deux pays en baie de Piran pour des violations alléguées de territoire.
Après une médiation de l’Union européenne, Zagreb avait accepté en 2009 le principe d’un arbitrage sur ce différend, la Slovénie –entièrement enclavée à l’exception d’un tout petit accès à la mer dans la baie de Piran– levant en échange son veto à l’entrée de son voisin dans l’UE.
Principale revendication de la Slovénie, l’accès souverain aux eaux internationales a une portée essentiellement symbolique, le droit de passage des bateaux étant déjà garanti par le droit maritime international.




