Ferry incendié: dix morts, mais incertitudes sur d’éventuels disparus

Seule certitude, 427 personnes, dont les 56 membres d’équipage, ont été sauvées des flammes à l’occasion d’une opération de sauvetage « sans précédent », selon les autorités italiennes.

Le ferry, toujours immobilisé par des remorqueurs à une quinzaine de miles de la côte albanaise, dans le canal d’Otrante, est désormais totalement évacué après le départ de son commandant lundi après-midi, dernier à quitter le navire.

Mais des dizaines de passagers du Norman Atlantic attendaient toujours mardi matin leur retour sur la terre ferme.

Le navire militaire italien San Giorgio, qui accueille à son bord déjà plus de 180 rescapés, était toujours mardi matin sur la zone de l’accident, à la recherche d’éventuels disparus. Il est toutefois attendu dans la matinée dans le port de Brindisi (sud-est).

Le mystère reste en effet entier sur le nombre précis des passagers ayant embarqué à bord du ferry, d’autant que ce dernier a fait une escale en Grèce après son départ du port grec de Patras.

La liste d’embarquement du navire battant pavillon italien et affrété par la compagnie grecque Anek faisait état dans un premier temps de 478 personnes à bord, dont 422 passagers, mais la compagnie a ramené ce chiffre dans la soirée à 475. Le chiffre de 458 circule également dans les médias italiens.

Il est « absolument prématuré » de parler de disparus, avait souligné lundi soir le ministre italien des Transports, Maurizio Lupi.

Certains des rescapés n’étaient même pas sur la liste d’embarquement, a-t-il expliqué, alors que la présence de passagers clandestins est évoquée.

– Liste peut-être inexacte –

« La liste (d’embarquement) est peut-être inexacte », avait déjà reconnu lundi soir le ministre grec de la Marine marchande, Miltiadis Varvitsiotis.

Sur les 371 passagers récupérés sur le ferry, 234 sont Grecs, 54 Turcs, 22 Albanais, 22 Italiens et 10 de nationalité suisse, selon M. Lupi. Par ailleurs neuf des dix Français présents à bord « ont été localisés et pris en charge », a indiqué le gouvernement français. Aucune précision n’a été donnée sur le dixième Français.

Le commandant du ferry, Argilio Giacomazzi, a été le dernier à quitter le navire en détresse, conformément aux traditions maritimes, effaçant ainsi la conduite jugée indigne il y a près de trois ans d’un autre commandant italien, Francesco Schettino. Ce dernier avait abandonné son navire, le paquebot Costa Concordia, en train de sombrer près des côtes d’une île toscane en dépit de la présence de dizaines de passagers attendant d’être sauvés.

Les autorités maritimes italiennes, grecques et albanaises s’étaient lancées dès dimanche matin dans une course contre la montre pour récupérer ces hommes, femmes et enfants, pris au piège, pour certains pendant plus de 34 heures, sur le pont du ferry, battu par des vents glacés et enveloppé d’une fumée épaisse qui a longtemps gêné les secours.

Douze hélicoptères, deux avions et une quinzaine de navires, dont neuf cargos, ont participé à cette opération de sauvetage déclenchée dimanche matin et qui a pris fin lundi en début de soirée.

La justice italienne va désormais s’efforcer d’éclaircir les circonstances de ce drame et désigner les responsables, alors que des passagers ont dénoncé le manque de préparation de l’équipage.

« Il n’y a aucune alerte lancée, personne ne nous a dit quoi faire et j’ai dû chercher moi-même un gilet de sauvetage pour moi et mes enfants », a ainsi dénoncé l’un d’entre eux, non identifié, interrogé sur les télévisions italiennes.

– ‘J’ai vu mourir mon mari’ –

Cette enquête vise le commandant, considéré par les médias nationaux comme un héros, et l’armateur pour « naufrage » et « homicides involontaires ».

La femme d’un passager grec, première victime répertoriée dans ce drame, a raconté son calvaire.

« J’ai vu mourir mon mari. J’ai essayé de le sauver, mais je n’y suis pas arrivée », a-t-elle affirmé.

La plupart des rescapés sont indemnes, mais certains souffrent d’hypothermie ou de problèmes respiratoires.

Le Norman Atlantic, un ferry de 186 mètres de long, sera peut-être remorqué jusqu’au port de Brindisi ou de Bari, sur la côte sud-est de l’Italie. Un remorquage vers l’Albanie, plus proche, est également envisagé.

Le feu s’est déclaré sur le ferry dimanche à l’aube dans l’emplacement réservé aux véhicules, par une mer démontée et des vents violents, alors que le bateau assurait la liaison entre Patras, dans le sud-ouest de la Grèce, et Ancône, dans l’est de l’Italie.

Le ferry, construit en 2009, avait récemment été inspecté. Selon l’amiral Giuseppe de Giorgi, chef d’état-major de la marine militaire italienne, un problème avait été détecté sur l’une des portes pare-feu, mais il avait été réglé avant le départ du ferry, totalement fiable pour la navigation.

Le ferry a été placé sous séquestre judiciaire, a précisé le ministère des Transports.

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