Les autorités taïwanaises avaient mis en garde mardi l’Indonésie contre le recours à la violence en haute mer à la suite de ces tirs dans les eaux indonésiennes, quelques jours seulement après qu’un patrouilleur indonésien en mer de Chine méridionale a tenté d’arraisonner un chalutier chinois accusé de pêcher illégalement dans ses eaux.
Les deux bateaux de pêche au thon taïwanais naviguaient lundi au nord de l’île de Sumatra quand ils ont été poursuivis par des patrouilleurs indonésiens qui ont ouvert le feu.
« Les bateaux naviguaient sans drapeau, nous ne savions pas d’où ils venaient », a déclaré à l’AFP Yunus Husein, directeur adjoint du groupe de travail luttant contre la pêche illégale dans les eaux indonésiennes.
Des responsables sur le patrouilleur indonésien avaient préalablement demandé via hauts-parleurs aux deux bateaux de s’arrêter, mais leurs appels ont été ignorés, a expliqué le responsable.
Des coups de semonce ont alors été tirés en l’air mais les bateaux taïwanais ont à nouveau refusé de s’arrêter, a-t-il ajouté.
Le responsable a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un acte de légitime défense afin de prévenir une collision: « c’était le dernier recours, et nous avons suivi toutes les procédures au préalable », a-t-il dit, observant que personne n’avait été blessé.
L’agence des pêches taïwanaise avait indiqué qu’un des bateaux taïwanais était criblé d’une dizaine d’impacts de balles, que les 20 marins à bord des deux bâtiments étaient sains et saufs et que les deux navires avaient fait route vers Singapour pour une évaluation des dégâts.
En 2014, l’Indonésie avait mené une violente campagne contre la pêche illégale dans ses eaux, allant jusqu’à couler des bateaux étrangers dans l’illégalité.
Ces mesures avaient contribué à crisper les relations entre Jakarta et ses voisins et partenaires commerciaux, en particulier la Chine.




