Israël espère qu’un espion devenu une icône sera autorisé à immigrer

“J’espère que le président Donald Trump offrira un cadeau supplémentaire aux Israéliens en permettant à Jonathan Pollard de venir fêter l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem”, a déclaré Yisrael Katz, le ministre des Transports également chargé des Renseignements.

“J’espère que le président Trump accédera à cette demande alors que Jonathan Pollard a passé tant d’années en prison”, a ajouté M. Katz sur la radio militaire.

Jonathan Pollard, 63 ans, a été libéré en novembre 2015 après 30 années d’emprisonnement aux Etats-Unis. L’ex-analyste de l’US Navy, natif du Texas, avait été reconnu coupable en 1987 d’avoir fourni à Israël, de juin 1984 à son arrestation en novembre 1985, des milliers de documents secrets sur les activités d’espionnage des Etats-Unis, principalement dans les pays arabes.

Au terme de sa liberté conditionnelle, il doit rester cinq ans sur le sol américain, ce qui l’empêche de s’installer en Israël comme il en a exprimé le souhait.

Son sort a donné lieu à un interminable bras de fer entre Israël, où il est vu par une bonne partie de la population comme un héros national ayant sacrifié sa liberté, et les Etats-Unis, dont les présidents successifs, de Ronald Reagan à Barack Obama, avaient toujours refusé sa libération anticipée.

De hauts responsables du Pentagone ou de la CIA n’ont jamais digéré la masse d’informations classées secret-défense que l’espion a livrées contre de l’argent et en pleine guerre froide à l’allié stratégique israélien des Etats-Unis.

Il aurait aidé Israël à bombarder en 1985 le QG de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), alors exilée en Tunisie, et à assassiner le numéro deux de l’OLP, Abou Jihad, à Tunis en 1988.

Une mesure de clémence serait une faveur supplémentaire faite par les Etats-Unis après la reconnaissance par M. Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision de transférer l’ambassade des Etats-Unis dans ce pays de Tel-Aviv à Jérusalem. Cette initiative unilatérale, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international, a été saluée comme historique en Israël et vivement critiquée par les Palestiniens.