Cette décision intervient après que le parti social-démocrate groenlandais Siumut, dont elle est membre, a annoncé son retrait de la coalition gouvernementale à la tête du Groenland.
« Comme mon parti quitte la coalition, je dois aussi être démise de mes fonctions », a expliqué Mme Motzfeldt dans une interview à l’AFP.
« Dans cette situation, je ne suis pas d’accord avec mon propre parti », a-t?elle ajouté.
Ministre des Affaires étrangères et de l’Éducation, Vivian Motzfeldt était, avec son homologue danois, au coeur des discussions avec Washington, après que le président américain Donald Trump a menacé d’annexer l’île arctique.
En janvier, Mme Motzfeldt avait été reçue à la Maison Blanche par le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, après de nouvelles menaces de Donald Trump de s’emparer de l’île.
Mme Motzfeldt « espère » que ces tensions ne seront pas utilisées par le gouvernement américain, alors que ces dernières semaines, la diplomatie groenlandaise tente de faire profil bas pour éviter d’attirer l’intérêt de Washington sur l’île, sur fond d’accusations d’ingérence.
« La coalition avec les autres partis tient toujours, et le travail que j’ai accompli sera repris par quelqu’un d’autre », a expliqué la ministre démissionnaire.
Mais « ce ne sera pas facile pour un (ministre nldr) débutant dans cette situation. Donc je ne pense pas que ce soit une bonne solution. »
Le Premier ministre groenlandais, Jens?Frederik Nielsen, assumera temporairement le portefeuille de Mme Motzfeldt, a-t?il annoncé aux médias groenlandais.
À la suite des élections locales du 11 mars 2025, où son parti avait obtenu le plus grand nombre de suffrages, M. Nielsen avait formé un gouvernement de coalition avec tous les partis représentés à l’Inatsisartut, le parlement groenlandais, sauf un : Naleraq, le plus favorable à une indépendance rapide vis?à?vis de Copenhague.
Siumut, qui dispose de quatre sièges sur les 31 de l’Inatsisartut, menaçait depuis plusieurs jours de rompre avec l’exécutif.
Le parti reprochait au gouvernement de ne pas avoir demandé à deux ministres candidates aux législatives danoises de se mettre en retrait pendant la campagne.
Le Groenland dispose de deux sièges au parlement danois, dont les élections se tiennent le 24 mars.
« Je veux aussi être honnête et dire que je suis déçu », a réagi M. Nielsen.
« Les déclarations et les signaux provenant des États-Unis ont clairement montré que nous nous trouvons au coeur d’une situation géopolitique grave. C’est précisément pour cette raison qu’il a été important pour moi de rassembler la coalition la plus large possible », a-t?il écrit.




