La Côte d’Ivoire vise la “souveraineté alimentaire” en denrées animales en 2026

Abidjan, 20 mai 2022 (AFP) – La Côte d’Ivoire, qui dépense l’équivalent de 10% de son budget pour importer de la nourriture, a annoncé un plan pour l’élevage, la pêche et l’aquaculture visant “la souveraineté alimentaire” en viande et en poisson d’ici 2026.

“Le rôle du secteur des ressources animales et halieutiques dans la lutte contre la pauvreté et la faim n’est plus à démontrer”, a exposé le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques Sidi Touré, en présentant le plan.

“Il intervient directement dans le processus de transformation socio-économique et entre dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations”, a-t-il ajouté.

Le plan, dévoilé jeudi, doit permettre de couvrir plus de 65% des besoins de consommation en produits d’origine animale et halieutiques en 2026, contre 26,7% en 2019.

Actuellement, les importations de denrées animales coûtent plus de 400 milliards de FCFA (610 millons d’euros) par an, et plus largement la Côte d’Ivoire, malgré des sols fertiles, a dépensé 1.000 milliards de FCFA (1,5 milliard d’euros) pour importer des denrées alimentaires en 2021, l’équivalent de 10% de son budget national.

“Le pays, avec ses 26 millions d’habitants, est tributaire des importations massives de denrées animales, malgré l’important potentiel dont il dispose en termes de ressources naturelles, ce qui engendre des sorties de devises évaluées à plus de 400 milliards de FCFA par an”, a déploré M. Touré.

M. Touré veut aussi faire de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture, “une source de croissance économique à l’horizon 2026”.

La contribution du secteur des ressources animales et halieutiques au PIB ivoirien est actuellement de 2% et le volume des investissements publics n’y a pas dépassé 16 milliards de francs CFA (22 millions d’euros) sur les trois dernières années, selon les chiffres officiels.

En 2008, des émeutes de la faim avaient secoué le pays, en raison d’une flambée des prix des biens de consommation, dont le riz, le lait, la viande et le poisson, alors importés à plus de 50%.

Nombre d’Ivoiriens dénoncent encore aujourd’hui la cherté de la vie dans un pays en très forte croissance économique, de l’ordre de 9% par an depuis 2012.

La guerre en Ukraine, qui a entraîné la chute des exportations de céréales dont elle est l’un des premiers producteurs mondiaux, contribue à la hausse du coût de la vie à travers le monde.