Près de 100 jours après les attaques américano-israéliennes du 28 février contre l’Iran qui ont déclenché le conflit, les répercussions s’étendent bien au-delà du Moyen-Orient, a indiqué Jean-Cedric Meeus, responsable du transport et de la logistique pour l’agence onusienne pour l’enfance, l’UNICEF.
« Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement humanitaire mondiale touchent les enfants partout dans le monde, avec une congestion persistante des routes logistiques et une hausse des coûts », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Genève.
Des semaines de pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas permis de mettre fin à la guerre ni de rouvrir le détroit d’Ormuz, principal couloir maritime pour le pétrole et le gaz du Golfe.
« Ce qui est au départ une perturbation des voies d’accès au Moyen-Orient, au détroit d’Ormuz, se transforme directement en crise humanitaire », a expliqué M. Meeus, s’exprimant depuis Mogadiscio, en Somalie.
« Pour l’UNICEF, les retards persistants et les coûts opérationnels élevés, qui s’inscrivent dans un contexte de crise mondiale du financement, sont déjà la source de dilemmes ».
« Derrière cette perturbation en cascade se trouve une équation simple mais brutale », a-t-il ajouté, chaque dollar supplémentaire dépensé pour le transport signifiant moins d’argent consacré à aider les enfants.
Le responsable logistique a indiqué que la capacité de fret aérien s’était resserrée dans tout le Moyen-Orient, que certaines compagnies aériennes avaient cessé de desservir des destinations africaines et que la congestion portuaire s’étendait à travers l’Afrique.
Par exemple, les coûts du fret aérien pour transporter des vaccins de l’Inde vers le Nigeria et la République démocratique du Congo ont augmenté de 50 à 70%, selon M. Meeus.
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que les discussions avec l’Iran avançaient à « un rythme rapide », alors même que Téhéran comptait continuer à verrouiller le détroit d’Ormuz.
Même « si nous parvenons à un accord et que le détroit est rouvert, la situation ne s’améliorera pas avant la fin de l’année » pour les chaînes d’approvisionnement de l’UNICEF, a conclu M. Meeus.




