L’autorité du canal de Panama et le consortium chargé des travaux toujours en désaccord

Au terme d’une seconde réunion mardi avec les dirigeants de l’ACP, les responsables du consortium international Groupe Uni pour le Canal (GUPC) ont proposé dans un bref communiqué que l’autorité du canal s’engage à verser « une avance de 400 millions de dollars » dans les travaux afin de « trouver une solution définitive » au conflit qui les oppose.

Une somme quatre fois supérieure à ce qu’avait proposé l’ACP après une première rencontre mardi. L’autorité proposait alors de garantir l’injection de 183 millions de dollars – dont 83 déjà provisionnés – pour les travaux dans les deux mois. En guise de contrepartie, elle avait demandé au GUPC de s’engager à verser de son côté « 100 millions de dollars » dans les mêmes conditions.

« S’ils n’acceptent pas la proposition et ne lèvent pas la menace de suspension des travaux, nous pourrons si nécessaire être conduits à rompre le contrat », avait alors menacé l’administrateur de l’ACP, Jorge Quijano. Ce dernier plaçait toutefois peu d’espoir dans le succès de cette proposition, reconnaissant que le consortium international était davantage favorable à une « solution de long terme ».

L’origine du conflit date du 30 décembre. Dans un courrier, le géant du BTP espagnol Sacyr, actionnaire majoritaire du GUPC, menaçait alors de suspendre le chantier dans un délai de 21 jours si l’ACP ne versait pas la somme de 1,6 milliard de dollars (environ 1,2 milliard d’euros) supposée couvrir les surcoûts du chantier.

Le surcoût évoqué est considérable au vu du montant total du contrat remporté avec grand fracas en 2009 par le consortium. Une somme astronomique que GUPC attribue notamment à l »‘inexactitude des informations fournies au consortium » par l’ACP.

Cette situation a conduit la ministre espagnole de l’Équipement, Ana Pastor, à se rendre d’urgence au Panama pour y mener une série de consultations lundi avec les deux entités et avec le président panaméen, Ricardo Martinelli.

Selon l’ACP, les travaux ont souffert de ce désaccord. M. Quijano s’est inquiété d’une « baisse significative du rythme des travaux » depuis le 30 décembre. Selon lui, l’ouvrage évolue à « 30 ou 40% » du rythme auquel il devrait progresser.

Le GUPC compte, outre Sacyr, l’entreprise italienne Impreglio, la belge Jan de Nul et la panaméenne Constructora Urbana comme actionnaires.

Coordinateur du consortium, Paolo Moder avait répété samedi que « les travaux seraient suspendus » si aucun accord n’était trouvé, tout en affirmant être « ouvert au dialogue ».

Ces travaux pharaoniques, d’un montant total de 5,2 milliards de dollars, ont commencé en 2009 et devaient initialement se terminer en 2014 afin de coïncider avec le centenaire du canal. Mais leur achèvement a été repoussé à 2015 après un premier désaccord dès le début du chantier entre l’ACP et GUPC sur la qualité du ciment utilisé.

L’essentiel de l’ouvrage porte sur la construction d’une nouvelle série d’écluses pour permettre le passage de navires transportant jusqu’à 12.000 conteneurs, plus du double de la charge actuelle autorisée. La construction de ces écluses est avancée à 65% selon l’ACP, qui évalue également à 72% l’évolution globale des travaux.

Long de 80 km, le canal de Panama, par lequel transite 5% du commerce maritime mondial, a été inauguré en 1914 et avait été rétrocédé par les États-Unis à Panama en 1999.

mac-mis/ag/cj

SACYR

Les Infos Mer de M&O

Industrie navale : après une année 2025 « exceptionnelle », de sérieux défis à relever (par Energies de la Mer)

Les Rencontres de l’industrie navale organisées par le Gican — présidé par Pierre-Eric Pommellet et dirigé par Philippe Missoffe —, se sont tenues...

« La mer impose une vision à long terme » (Nathalie Mercier-Perrin) – Entretien avec Brigitte Bornemann (Energies de la Mer).

Présidente du Cluster Maritime Français depuis deux ans, Nathalie Mercier-Perrin s'apprête à présenter un document de référence intitulé "Pour une France maritime, une vision,...

RWE rafle 7 GW sur les 8,4 GW de « la plus grande vente aux enchères d’éoliennes offshore jamais organisée en Europe ».

  Par Jonathane Polier pour ENERGIES DE LA MER   Le gouvernement britannique a attribué une capacité record de 8,4 GW d'éoliennes en mer dans le...

La science au Pôle Sud

Le Pôle Sud est un endroit idéal pour faire de la recherche. L’air y est pur et clair (malgré les gaz d’échappement de...

bound4blue et Maersk Tankers franchissent un cap dans la propulsion vélique industrielle

Bound4blue a achevé la première installation de ses voiles à aspiration eSAIL® dans le cadre de son accord stratégique avec Maersk Tankers. Quatre unités...

Opération déneigement

Que de blanc ! Tout a commencé avec ce message destiné aux 176 membres de l’équipage du USS Amundsen-Scott : « Bonjour à toutes...

Plus de lecture

M&O 289 - Décembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.