Le chef de la marine française s’inquiète du “comportement conquérant” de la Chine

“Il y a une grande communauté de vues entre les autorités japonaises et nous sur la politique indo-pacifique”, a dit à l’AFP l’amiral Vandier qui a rencontré le ministre de la Défense nippon Nobuo Kishi, ainsi que des responsables de la marine japonaise.

Comme on l’interrogeait sur l’inquiétude croissante de pays de la région devant ce qu’ils appellent l’expansionnisme et le militarisme chinois dans les espaces maritimes, l’amiral Vandier a noté que “le rapport de force militaire est en train d’évoluer extrêmement rapidement”, le nombre de plateformes navales chinoises “ayant dépassé celui de l’US Navy”.

“Petit à petit, les équilibres militaires qui prévalaient depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale sont en train d’être rebattus”, a-t-il déclaré, ajoutant que la “pression” chinoise “inquiète”.

Préoccupe-t-elle aussi la France? “En terme de liberté de navigation, oui. La poldérisation de la mer de Chine et la sanctuarisation des eaux territoriales afférentes du fait de la poldérisation font l’objet d’une controverse portée devant les Nations unies”, a-t-il dit.

“La Chine a un comportement très affirmatif, très conquérant en termes d’eaux territoriales”, a affirmé le chef d’état-major de la marine, qui a pris ses fonctions en septembre.

Il a rappelé l’incident d’avril 2019 ayant impliqué la frégate de surveillance française Vendémiaire, accusée par Pékin d’avoir franchi “illégalement” le détroit de Taïwan.

La France, avec les pays riverains, veut “pouvoir continuer à utiliser les espaces maritimes, conformément au droit international”. Elle “ne cherche pas à aller à l’affrontement ou à faire des provocations”, a-t-il assuré.

En réponse à une question sur le changement de pouvoir attendu aux Etats-Unis, l’amiral Vandier a noté “une inquiétude affirmée de la part des Japonais sur un désengagement américain du fait de l’arrivée de la nouvelle administration, avec une concentration plus forte sur les problématiques intérieures et peut-être moins d’engagement sur la scène internationale”.

“Donald Trump avait fait sienne une démonstration assez puissante sur les dangers de la Chine. Ici, on sent peut-être une inquiétude sur un rapport moins ferme de la part de l’administration américaine”, a-t-il dit en relevant aussi qu’en Australie ou au Japon, le multilatéralisme est un antidote aux inquiétudes”.

LE FIL INFO DE M&O