Le directeur de STX France inquiet pour l’avenir de sa branche militaire

« C’est tout un processus (…) qui amène à une prise d’hégémonie de DCNS sur la construction navale militaire française », a déclaré M. Castaing au cours d’une rencontre avec des journalistes.

En entrant au capital de la nouvelle entité, « DCNS fait une super affaire, ils tuent un concurrent pour pas cher », a-t-il poursuivi.

Au terme de longs mois de discussions, un accord a été conclu entre Paris et Rome, le groupe italien Fincantieri obtenant 50% des chantiers navals français auxquels il faut ajouter 1% « prêté » par l’Etat français, qui se réserve le droit de le reprendre si Fincantieri ne respecte pas ses engagements pendant une période de 12 ans.

Aux côtés de Fincantieri (50%) et de l’Etat français (34,34%), Naval Group (ex-DCNS) détiendra 10% de STX France, les employés 2% et des sous-traitants du bassin de Saint-Nazaire 3,66%.

Cet accord met un terme à « une période d’incertitude de quatre ans » donc « une bonne chose », selon M. Castaing qui s’inquiète cependant de l’avenir de la branche militaire du groupe qui représente « 10 à 20% » de son activité mais est plus lucrative que le civil.

STX construit des navires de grande taille en coopération avec Naval Group, géant français de la construction navale militaire, et des navires de petite et moyenne taille -patrouilleurs et frégates- en propre.

– Marges de manoeuvre restreintes –

Pour M. Castaing, l’arrivée de Naval Group fera perdre au constructeur sa « liberté de négociation » sur la construction des grosses unités.

« Le fait que DCNS soit à l’intérieur de notre système me laisse craindre qu’on ne puisse pas disposer des mêmes marges que celles qu’on avait sur les grands navires », a ajouté M. Castaing qui est à la tête de STX France depuis février 2012.

En outre, « il y a des marchés où nous agissons indépendamment de DCNS: sur les petits et moyens navires. Et là nous avons une vraie crainte que demain on nous refuse d’avoir une activité », a-t-il ajouté, estimant que Naval Group pourrait s’approprier ce marché, notamment celui des navires garde-côtes en pleine expansion.

Contacté par l’AFP, Naval Group n’a souhaité faire aucun commentaire sur ces déclarations.

Interrogé sur son avenir en tant que directeur général de STX France, M. Castaing a déclaré que cela « fait partie des vrais sujets à discuter avec Fincantieri ». « J’ai peur que Fincantieri me dise +sur le militaire doucement+ donc il faudra prendre la décision: +est ce que je suis DG dans ces conditions ou pas+? ».

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, avait confirmé jeudi que Laurent Castaing resterait « directeur exécutif » de STX France qui va reprendre son ancien nom: « Chantiers de l’Atlantique ».

Paris et Rome ont affiché leur ambition de créer un « champion naval » européen, civil et militaire, capable de résister à la concurrence, notamment asiatique, grâce au rapprochement souhaité entre Naval Group et Fincantieri.

sw/dlm/ef/jpr

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