« Je propose une augmentation sur dix ans pour que le budget de la Défense représente d’ici dix ans 2% de la richesse nationale. Je propose qu’on augmente le nombre de forces opérationnelles terrestres qui pourront être projetées sur les théâtres d’opérations extérieures pour lutter contre le terrorisme et garantir notre sécurité », a déclaré M. Le Maire sur RTL.
Les pays de l’Otan s’étaient engagés en 2014, lors d’un sommet au Pays de Galles, à enrayer la baisse constante de leurs dépenses de défense pour revenir en une décennie à un niveau équivalent à 2% du PIB.
A droite, Nicolas Sarkozy prévoit de porter ce budget à 1,85% du PIB, contre 1,5% aujourd’hui, soit 35 milliards d’euros en 2018 et 41 milliards en 2022, avec « l’objectif » d’atteindre les 2% en 2025.
Bruno Le Maire a détaillé ensuite ses orientations à l’occasion d’un discours lundi à Paris, affirmant sa volonté de « tourner la page » des « réductions d’effectifs » et « budgétaires » qui ont touché l’armée.
« Il ne s’agit pas de boucher les trous ici ou là mais de proposer un nouveau modèle de Défense », a-t-il lancé.
Selon lui, le dispositif Sentinelle, mis en place notamment à Paris après les attentats, doit « s’adapter ». Il a cité le chiffre de 5.000 à 7.000 hommes plutôt que les 10.000 actuels. Il a par ailleurs prôné « un système de patrouilles et pas de gardes statiques ».
Il souhaite donner la priorité aux forces terrestres « avec 30.000 hommes supplémentaires » (passer de 77.000 à 107.000). S’il est élu président, il décidera de « lancer les études » pour « la réalisation d’un deuxième porte-avion », décision qui devra être prise « en 2017 ».
Il table sur deux lois de programmation militaire, une au début et une à la fin du quinquennat.
Il ne croit pas en revanche « à l’opportunité de rétablir un service militaire » et a dit son attachement à la dissuasion nucléaire — « dans ses deux composantes » en tant que « noeud de notre indépendance ».
Petit tacle à Alain Juppé, qui avait dit avant de regretter ses propos qu’un militaire devait se taire, Bruno Le Maire estime au contraire qu »‘un officier qui se tait, c’est un officier qui ne pense plus ».
Le candidat pour 2017 a profité de ce discours pour dire son « admiration » pour le monde militaire — il s’est occupé de ces questions au début de sa carrière– et confié que « le rêve de sa mère » était qu’il fasse l’école Saint-Cyr.
Interrogé sur RTL sur l’opportunité de lever l’état d’urgence fin juillet, M. Le Maire a répondu: « Aujourd’hui je n’ai pas toutes les informations dont dispose le gouvernent mais personnellement je ne le souhaite pas ».




