Le Maire propose une nouvelle ère dans les relations franco-italiennes

“Il y a eu entre la France et l’Italie, probablement les deux pays qui sont les plus proches en Europe, des malentendus, des incompréhensions”, a reconnu M. Le Maire devant le premier Forum économique franco-italien, lancé à l’initiative des patronats des deux pays.

“Je souhaite tourner la page (…) et je vous propose d’ouvrir une nouvelle ère des relations économiques et industrielles entre la France et l’Italie, fondées sur la confiance, le partenariat et une nouvelle ambition industrielle européenne”, a-t-il ajouté, aux côtés de son homologue italien Pier Carlo Padoan et du ministre italien du Développement économique Carlo Calenda.

Paris et Rome ont connu l’an dernier un net refroidissement dans leurs relations après la nationalisation du chantier naval STX alors qu’un accord de vente avait été trouvé par le précédent gouvernement français avec l’italien Fincantieri. Le contentieux entre le groupe français Vivendi et l’italien Mediaset avait également contribué à envenimer les relations entre les deux pays.

Et si le contentieux entre Vivendi et Mediaset est toujours là, il a quelque peu diminué en intensité, et surtout, un accord a finalement été trouvé sur le dossier STX, permettant aux deux pays de retrouver un climat plus serein.

La France et l’Italie travaillent d’ailleurs à l’élaboration d’un traité, dit “du Quirinal” (nom du siège de la présidence italienne), à l’image du traité franco-allemand de l’Elysée, signé il y a 55 ans entre Paris et Berlin.

– ‘Axe de la mode’ –

Pour donner un sens concret à ce rapprochement, M. Le Maire a proposé entre autres, le lancement d’un “vrai axe de la mode européen entre Paris, Milan et Florence”, afin de permettre plus de convergence.

M. Le Maire a également proposé à l’Italie de faire front commun avec la France pour adapter le droit européen de la concurrence afin de faire émerger des champions industriels en Europe. Paris souhaite également lancer un fonds européen de l’innovation de rupture, afin de découvrir des technologies radicales, en “rupture” avec les précédentes, a expliqué le ministre français.

Il a identifié plusieurs secteurs pour ces financements: l’intelligence artificielle, les batteries électriques ou le stockage de l’énergie renouvelable. Les Etats-Unis, a dit M. Le Maire, consacrent trois milliards de dollars à un fonds dans ce domaine. “Il nous faut avoir la même ambition”, a-t-il plaidé.

Enfin, M. Le Maire a réclamé l’aide de l’Italie pour que l’Europe se dote des moyens de protéger les industries stratégiques en Europe. Il a pris l’exemple du rachat du leader de la robotique en Allemagne, Kuka, par un groupe chinois. Cette entreprise allemande a cherché des partenaires en Europe, mais faute de financement suffisant et de possibilité pour un Etat de les aider, en raison de la réglementation européenne sanctionnant les aides d’Etat, aucun groupe européen n’a pu se mettre sur les rangs, a-t-il expliqué, ajoutant: “cela ne peut plus continuer comme cela”.

A l’occasion de ce premier forum franco-italien des entreprises, les patronats français et italien ont signé jeudi à Rome une déclaration commune dans laquelle ils réclament plus d’Europe, une zone euro plus intégrée et des réponses communes notamment sur le plan fiscal.

ob/eb

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