Le personnel de MyFerryLink ne sera pas repris à 100%, prévient le PDG d’Eurotunnel

« Ca sera un plan de cession avec une reprise, je l’espère maximale, des effectifs mais qui ne sera pas égale évidemment à 100% des effectifs concernés, je crois que tout le monde l’a compris depuis longtemps », a déclaré Jacques Gounon lors d’une conférence de presse téléphonique.

« J’ai toujours dit que dès lors que les bateaux étaient vendus à un opérateur présent sur le Détroit (de la Manche) qui avait ses propres équipes au sol et ses propres équipes administratives, commerciales et comptables, c’est une évidence que s’il y a cession de la Scop (SeaFrance) ça ne peut pas être pour la totalité des personnels », a insisté M. Gounon.

Plus tôt lundi, la direction de la Scop SeaFrance avait indiqué que DFDS conserverait le personnel des deux navires qu’Eurotunnel va lui céder, jusque-là exploités par MyFerryLink, émanation commerciale de la Scop.

La cession des deux bâtiments, le Berlioz et le Rodin, à DFDS a été officialisée dimanche soir par Eurotunnel. M. Gounon n’a pas souhaité révéler le montant de l’opération.

Le choix de DFDS « privilégie ainsi le maintien de l’activité à Calais », et « permet d’espérer la meilleure solution possible en termes d’emplois sauvegardés sans interruption des services début juillet », avait assuré Eurotunnel dimanche soir.

Eurotunnel avait décidé fin mai de ne pas renouveler son contrat avec la Scop, qui court jusqu’au 2 juillet.

Cette décision avait relancé l’incertitude autour de l’avenir des 600 salariés de la société. M. Gounon n’a pas donné de détails sur le nombre d’emplois qui ne seraient pas sauvegardés, en soulignant qu’Eurotunnel n’était pas l’employeur des salariés de la Scop.

– La Scop SeaFrance endeuillée –

M. Gounon s’est en outre dit déterminé à « accélérer le processus de transfert d’activité pour qu’il n’y ait pas d’interruption de service » en période estivale, cruciale en terme de recettes.

Le groupe Eurotunnel, qui exploite le tunnel sous la Manche, se veut confiant dans l’autorisation que doit désormais donner l’autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) à cette opération « qui se traduira par deux opérateurs maritimes d’égale importance ».

Outre DFDS, le britannique P&O assure des liaisons entre Calais et Douvres. La compagnie française propose elle chaque semaine plus de 200 traversées uniquement entre Calais et Douvres.

En revanche, Eurotunnel souhaite « poursuivre son exploitation en frêteur », de son troisième navire, le Nord-Pas-de-Calais, et en fera la demande aux autorités de la concurrence.

En 2012, Eurotunnel avait racheté les bateaux de l’ex-SeaFrance pour les louer à d’anciens marins de la compagnie regroupés dans la Scop SeaFrance qui affrète les navires au groupe Eurotunnel, via MyFerryLink.

Mais un long feuilleton judiciaire a pesé sur l’activité, les autorités britanniques estimant que cette situation posait des problèmes de concurrence.

Mi-mai, la cour d’appel britannique a donné raison à la compagnie maritime française, suspendant l’interdiction de desservir Douvres depuis Calais.

Cette victoire de MyFerryLink n’a pourtant pas « modifié la donne » pour le groupe Eurotunnel, qui invoquait la menace d’un recours devant la Cour suprême.

En cette période de bouleversements et d’incertitude, la Scop a en outre été endeuillée lundi par le décès brutal du président de son conseil de surveillance.

Didier Cappelle, 63 ans, « est mort d’une crise cardiaque ce matin », a indiqué à l’AFP le chargé de communication de MyFerryLink, Philippe Gallouedec.

Didier Cappelle, en conflit ouvert avec M. Gounon, privilégiait une autre solution que la cession à DFDS, fondée sur une association entre le personnel et des partenaires publics locaux.

Présentant ses condoléances lundi, M. Gounon a salué « un homme de convictions », et affirmé qu’il n’avait « personnellement jamais eu de difficultés de dialogue avec lui ».

bur-tq/cb/mml

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