Le Sénégal revendique l’initiative de la fin de l’accord de pêche avec l’UE

Dakar, 14 nov 2024 (AFP) – Des ministres sénégalais ont assuré que le gouvernement, et non pas l’UE, était l’instigateur de l’arrêt dimanche soir des activités de pêche de bateaux européens dans les eaux nationales.

« Nos amis de l’Union européenne ont organisé une conférence de presse pour dire au monde entier qu’ils ont décidé de ne plus signer les accords de pêche avec le gouvernement du Sénégal. C’est une contre-vérité absolue », a déclaré mercredi soir le ministre de l’Enseignement supérieur Abdourahmane Diouf, selon une vidéo visionnée jeudi sur les réseaux sociaux.

« C’est le gouvernement du Sénégal (…) qui a donné le signal depuis longtemps pour leur dire que nous ne pouvons pas continuer à signer avec vous des accords de pêche qui vont appauvrir les pêcheurs du Sénégal », a-t-il dit dans la banlieue de Dakar lors d’un meeting du Pastef en vue des législatives de dimanche.

L’Union européenne a annoncé mardi que l’accord de pêche en vigueur depuis 2019 ne serait pas renouvelé et que les bateaux européens cesseraient de pêcher dans les eaux sénégalaises à partir de dimanche minuit (lundi 00H00 GMT). L’UE invoque des « défaillances » constatées depuis plusieurs années de la part du Sénégal dans la lutte contre la pêche illicite.

Cette annonce a eu un écho important au Sénégal, où la pêche est un secteur primordial et en crise.

Les quelque 50.000 pêcheurs sénégalais travaillent essentiellement sur des pirogues traditionnelles. Ils dénoncent constamment la concurrence des bateaux usines contrôlés par des étrangers, auxquels ils imputent la raréfaction du poisson.

L’accord prend fin dans un contexte de changement à la tête du pays. Les nouveaux dirigeants ont fait d’une répartition plus équitable des revenus des ressources naturelles au bénéfice des Sénégalais un de leurs mantras.

Le président Bassirou Diomaye Faye a demandé en mai « l’audit du pavillon sénégalais » caractérisé par son opacité, ainsi que l’évaluation des accords et licences de pêche.

La ministre des Pêches Fatou Diouf a dénié à l’UE l’initiative de la fin de l’accord.

« L’État n’était pas encore dans une logique de négocier », dit-elle dans une vidéo sur les réseaux sociaux.

« Dès mon arrivée ici, avant même qu’on ait reçu le carton jaune, j’avais commandité une évaluation et cette évaluation, elle est en cours. On ne peut pas commander une évaluation, attendre les résultats et penser à un accord de pêche », dit-elle.

La Commission européenne a adressé fin mai ce qu’elle a présenté comme un « carton jaune » au Sénégal, identifié comme « pays non coopératif » face à la pêche illicite.

La fin de l’accord concerne 18 bateaux espagnols et français, selon l’Union.

Le ministère sénégalais avait publié en mai une liste de 132 navires industriels autorisés à pêcher dans les eaux sénégalaises, dont 19 européens et 132 battant pavillon sénégalais.

Différents acteurs dénoncent le fait que de nombreux bateaux enregistrés comme sénégalais sont en fait entre les mains d’étrangers, notamment asiatiques, qui se servent de prête-noms.

La liste répertorait aussi 17.400 pirogues artisanales.

Les Infos Mer de M&O

Les derniers cow-boys ! Présentation et carnet de voyage du convoi terrestre (SPoT) qui approvisionne la station Amundsen-Scott.

Les cow-boys, les « wranglers » (gardiens de troupeaux), guidaient et protégeaient le bétail du point d’élevage au point de vente, d’une zone de pâturage...

Un « Thanksgiving » un peu… électrique au Pôle Sud

Par Eric Chevreuil,  Français de Los Angeles en mission sur une base américaine en Antarctique.   *** Pour nous, Thanksgiving tombe le samedi. Le premier Thanksgiving daterait...

Au cœur de la station Amundsen Scott

Le C-130 de McMurdo n’a eu de cesse de reporter son départ à cause de la météo. Finalement, il est parti à 21h00...

La station Amundsen-Scott

La station américaine Amundsen-Scott est l’habitation terrestre la plus au sud de notre planète, et non, nous n’y vivons pas la tête en...

La Fondation Jacques Rougerie missionnée pour construire le premier musée de Tuvalu

À l’occasion de la COP30, un projet inédit et hautement symbolique a été dévoilé au Climate Mobility Pavilion : la création d’un Musée pour Tuvalu, conçu pour préserver la mémoire, l’identité et le patrimoine d’un pays menacé par la montée des eaux. Au cœur de cette initiative mondiale : la Fondation Jacques Rougerie – Académie des Beaux-Arts, reconnue pour son expertise unique en architecture biomimétique et océanique.

15 novembre 1634 : premier règlement de discipline de la Marine par le cardinal de Richelieu

Dès que la capitulation de la Rochelle, en 1628, eut délivré le cardinal de Richelieu de son principal souci, il résolut de créer...

Plus de lecture

M&O 288 - Septembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.