Marseille veut une ZFE portuaire pour diminuer la pollution maritime

Marseille, 14 mars 2023 (AFP) – Marseille veut la mise en place d’une Zone à faibles émissions (ZFE) portuaire, afin de diminuer la pollution maritime, notamment celle liée aux rejets en mer des eaux de lavage des cheminées des navires, a annoncé mardi la ville.

« Alors que 40% des émissions de NOx (oxydes d’azote) dans la ville viennent du port, soit autant que les voitures, Marseille porte cette demande », a indiqué lors d’une conférence de presse Sébastien Barles, adjoint au maire chargé de la Transition écologique.

« Une ZFE portuaire est une demande essentielle qui permettrait de planifier la reconversion des navires », a-t-il ajouté, pointant du doigt particulièrement leurs +scrubbers+.

Ces dispositifs censés améliorer la qualité de l’air permettent de contourner une réglementation européenne de 2020 qui limite les rejets en soufre dans l’atmosphère, en autorisant les armateurs à continuer à utiliser du fioul lourd en soufre à 3,5% au lieu des 0,5% obligatoires.

Placés dans les cheminées des paquebots, ces filtres spéciaux « lavent » les fumées avant qu’elles ne soient éjectées dans l’air, respectant ainsi les nouvelles normes. Problème: la plupart de ces scrubbers sont « à boucle ouverte », rejetant ces eaux de lavage dans la mer, un déplacement de pollution qui scandalise associations écologistes et autorités.

« Les armateurs ont trouvé ce moyen pour contourner la législation et continuer à utiliser du combustible lourd en soufre, car c’est moins cher », a indiqué Guillaume Picard, ex-commandant et chef mécanicien de ferries, devenu militant antipollution de l’association Climat zéro fossile.

Résultat: « Onze navires polluent autant que tout ce que rejette le Rhône [le fleuve] en une année », a-t-il ajouté.

« Ces rejets en mer ne sont pas acceptables: ils tuent instantanément le phytoplancton et accélèrent l’acidification des océans. Nous avons tous conscience que nous allons droit dans le mur si nous ne changeons pas brutalement nos modèles responsables du changement climatique », a dit Hervé Menchon, adjoint au maire de la ville de Marseille chargé de la Mer, du littoral et de la biodiversité marine.

« Les scrubbers sont un angle mort de la pollution maritime car c’est une question assez technique mais aussi très politique », selon M. Barles.

Outre la demande d’une ZFE portuaire, la municipalité marseillaise entend associer plusieurs maires du littoral méditerranéen pour forcer l’Organisation maritime internationale à interdire les scrubbers dits « ouverts » avant 2025, date à laquelle tous les navires devront être équipés de systèmes à boucles fermées, qui impliquent une récupération des eaux sales ensuite retraitées.

« Nous exigeons aussi une demande d’impact indépendante et sérieuse », alors « que 80% de la biodiversité mondiale marine est concentrée dans la Méditerranée », a réclamé M. Menchon.

Les Infos Mer de M&O

Un « Thanksgiving » un peu… électrique au Pôle Sud

Par Eric Chevreuil,  Français de Los Angeles en mission sur une base américaine en Antarctique.   *** Pour nous, Thanksgiving tombe le samedi. Le premier Thanksgiving daterait...

Au cœur de la station Amundsen Scott

Le C-130 de McMurdo n’a eu de cesse de reporter son départ à cause de la météo. Finalement, il est parti à 21h00...

La station Amundsen-Scott

La station américaine Amundsen-Scott est l’habitation terrestre la plus au sud de notre planète, et non, nous n’y vivons pas la tête en...

La Fondation Jacques Rougerie missionnée pour construire le premier musée de Tuvalu

À l’occasion de la COP30, un projet inédit et hautement symbolique a été dévoilé au Climate Mobility Pavilion : la création d’un Musée pour Tuvalu, conçu pour préserver la mémoire, l’identité et le patrimoine d’un pays menacé par la montée des eaux. Au cœur de cette initiative mondiale : la Fondation Jacques Rougerie – Académie des Beaux-Arts, reconnue pour son expertise unique en architecture biomimétique et océanique.

15 novembre 1634 : premier règlement de discipline de la Marine par le cardinal de Richelieu

Dès que la capitulation de la Rochelle, en 1628, eut délivré le cardinal de Richelieu de son principal souci, il résolut de créer...

Carine Tramier, Présidente du Corimer : « Innover, c’est s’adapter et transformer la contrainte en opportunité ! » Les Grands fonds marins – 1

Où en sommes-nous ? L'innovation, pour l'industrie navale et maritime, est un moteur de l'innovation. Pour les grands fonds, l'acquisition des connaissances sur les...

Plus de lecture

M&O 288 - Septembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.