Mayotte entame sa troisième semaine de “grève générale”

Les barrages sont tenus par plusieurs dizaines de manifestants se relayant régulièrement. Ils se situent au nord, au centre et au sud de l’île, paralysant la circulation routière d’une majeure partie du département.

Le mouvement s’est encore durci avec la mobilisation des maires ayant décidé de manière collégiale de fermer les portes de l’ensemble des hôtels de ville de l’île à partir du 5 mars “de manière illimitée”.

Ils se sont réunis lundi après-midi au sein du Conseil départemental pour mettre en place un comité de coordination des élus, a constaté une journaliste de l’AFP.

En outre, ils ont présenté un “plan de convergence” sur dix ans, chiffré à environ 1,8 milliard d’euros, montant requis “si l’Etat veut mettre en place les conditions de tranquillité des Mahorais”, a déclaré Saïd Omar Oili, le président de l’association des maires.

Dans le détail, 40 millions d’euros seraient dévolus aux équipements sportifs et culturels, 500 millions à l’habitat, 480 millions à l’eau potable et à l’assainissement, 238 millions aux routes et transports, et 480 millions aux constructions scolaires.

Les maires devaient ensuite rencontrer des membres de l’intersyndicale à l’origine du mouvement de contestation contre l’insécurité et envisagent de descendre dans la rue mardi.

Comme les manifestants, ils sont déterminés à poursuivre le mouvement tant que le président de la République – “ou à défaut le ministre de l’Intérieur” – ne se déplacera pas pour rencontrer la population en colère.

Mayotte est secouée depuis mardi 20 février par un mouvement de contestation populaire contre l’insécurité. Il revêt de multiples formes : manifestations dans les rues du chef-lieu, opération escargot, opération “île morte”, blocage de la liaison maritime entre Grande-Terre et Petite-Terre, et barrages érigés de l’aube jusqu’à la tombée de la nuit sur les axes routiers principaux paralysant une partie de la circulation.