Bien qu’il s’en rapproche, ce sursis n’est pas une liberté conditionnelle ni une assignation à résidence, mais une simple obligation de déclarer un domicile et de pointer régulièrement.
Le tribunal fédéral de la province de Santa Cruz (sud) l’a reconnu coupable de « destruction involontaire aggravée et manquement aux devoirs d’un fonctionnaire public », tandis que trois autres officiers de haut rang de la Marine, également poursuivis, ont été acquittés.
Les quatre ex-officiers étaient jugés depuis début mars à Rio Gallegos, en Patagonie, plus de huit ans après le naufrage du San Juan, qui gît toujours par 900 mètres de fond dans l’Atlantique Sud, à 500 km des côtes argentines.
Le sous-marin d’attaque TR-1700 avait appareillé d’Ushuaia pour regagner sa base de Mar del Plata, au sud de Buenos Aires. Quelques jours plus tard, le 15 novembre, il envoyait un message signalant une panne électrique et un début d’incendie. Puis plus rien.
Sa disparition, la plus lourde perte de la Marine argentine en temps de paix, avait bouleversé la population et mobilisé les navires d’une dizaine de pavillons pour plusieurs semaines de recherches.
L’hypothèse défendue par le parquet était la défaillance d’une valve qui a provoqué une entrée d’eau dans le compartiment des batteries, un incendie, puis une explosion.
Les procureurs, qui avaient réclamé cinq ans d’emprisonnement, ont notamment estimé que M. Villamide, commandant de la force sous-marine au moment de la tragédie, n’avait pas pris en compte une demande d’envoi du San Juan en cale sèche pour des inspections de sécurité.
« C’est une avancée considérable. Ce jugement rend en partie justice », a déclaré à l’issue de l’audience à la presse l’avocate de la partie civile, Me Valeria Carreras.
« Il est important d’avoir pu prouver la culpabilité de M. Villamide. Ce sont 44 décès qui auraient pu être évités et c’est un message adressé aux forces armées et à l’Etat pour qu’ils veillent sur les serviteurs de la patrie », a-t-elle ajouté.
Me Carreras a également demandé aux proches des victimes de « comprendre la portée de cette décision : même s’il y a eu des acquittements, c’est une victoire ».
La défense, qui avait plaidé la relaxe estimant que M. Villamide avait agi « en conformité avec les règles navales », n’a pas indiqué si elle avait l’intention de faire appel.




