Pas d’aires marines protégées en Antarctique selon les ONG

Huit mois après l’échec d’un rendez-vous sur le sujet en Australie, deux propositions visant à instituer d’immenses aires marines protégées étaient discutées par les membres (24 Etats et l’Union européenne) de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), un organisme chargé de gérer les ressources marines de la zone depuis 1982.

Selon l’Alliance pour l’océan antarctique (AOA) – une coalition d’une trentaine d’ONG -, la Russie, avec le soutien de l’Ukraine, a empêché l’adoption de ces propositions par consensus en soulevant des questions juridiques sur le fait de savoir si cet organisme avait le droit d’instaurer ces aires.

La coalition d’ONG voit dans le blocage des propositions par la délégation russe « une extraordinaire occasion perdue » pour protéger la région.

« Après deux années de préparation, nous repartons avec rien », a regretté le directeur de la coalition Steve Campbell, estimant que « tous les membres, à l’exception de la Russie, sont venus à cette réunion pour négocier dans un esprit de confiance ».

Deux projets étaient sur la table : l’un concernant la création d’une aire marine protégée (AMP) dans la mer de Ross au sud-ouest de l’Antarctique et l’autre prévoyant un réseau de sept AMP sur la façade Est de l’Antarctique. Le projet dans la mer de Ross est porté par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande et s’étendait sur 2,3 millions de km2. Le deuxième projet était défendu par l’Australie, l’Union européenne et la France et couvrait un total de 1,6 million de km2.

Les eaux de l’Océan austral autour de l’Antractique abritent des écosystèmes exceptionnels en bonne partie préservés des activités humaines mais désormais menacés par le développement de la pêche.

Cette zone abrite notamment des milliers d’espèces d’animaux, dont d’importantes populations d’oiseaux, de phoques, de baleines et de pingouins qui trouvent leur alimentation dans les eaux australes.

En plus de cette précieuse biodiversité, cet univers étant très peu touché par l’homme, il présente un intérêt majeur pour les scientifiques.

En octobre dernier, lors de la réunion annuelle de la CCAMLR à Hobart (Australie), la Russie, la Chine et l’Ukraine s’étaient opposées aux projets d’aires marines par crainte de voir les possibilités de pêche trop fortement réduites. La réunion exceptionnelle en Allemagne avait alors été programmée pour lever ce blocage.

Andrea Kavanagh, responsable des projets antarctiques de l’ONG américaine Pew Environnement, estime désormais « ‘impératif » que « les gouvernements renvoient leurs représentants à la table des négociations à Hobart dans trois mois pour trouver un consensus pour protéger la vie marine en Antarctique ».

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