Quotas de pêche en Europe: les pêcheurs satisfaits pour 2015, les ONG beaucoup moins

Après deux jours de négociations, le conseil des ministres européens de la pêche a fixé mardi soir comme chaque année les quotas de pêche pour l’UE, sur la base de propositions de la Commission.

Mais pour la première fois, ces discussions se faisaient dans le cadre de la nouvelle politique commune de pêche (PCP), réformée en 2013 pour lutter contre la surexploitation des ressources halieutiques, qui concerne 40% des stocks de poissons en Atlantique et mer du Nord.

Un premier test « réussi », s’est réjoui le nouveau commissaire européen chargé du dossier, le Maltais Karmenu Vella.

« Les baisses de quotas sont significatives mais supportables dans certains cas », reconnaît dans un communiqué Javier Garat, président du lobby des pêcheurs européens Europêche.

Selon lui, les ministres « ont essayé d’introduire un certain bon sens dans les propositions exagérées de la Commission », qui ne prenaient pas en compte « le poids des facteurs socio-économiques de la pêche. »

L’ONG Oceana dénonce au contraire un « grave recul », estimant que les limites de captures fixées « dépassent les avis scientifiques dans la plupart des cas ».

Par conséquent, « le nombre de stocks exploités durablement baisse », passant de 27 à 18, fait valoir l’ONG.

– Négociations « opaques » –

Le quota portant sur la sole de Manche Est, stock le plus débattu, a par exemple été abaissé de 28% alors que la Commission avait proposé une baisse de 60%, particulièrement redoutée par les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer où cette activité a une grande importance.

En France, le Comité national des pêches (CNPMEM) se dit « satisfait ».

La Commission européenne « a reconnu les efforts des pêcheurs français et la solidité de leurs propositions » et l’efficacité de la « collaboration scientifiques/pêcheurs », soulignent-t-ils.

Pour la France, concernée par 144 stocks de poissons, l’enjeu était fort.

Pour Hubert Carré, directeur général du Comité des pêches, « c’est un travail collectif qui est enfin reconnu et récompensé ».

Selon lui, ce sont les mesures de gestion proposées par les pêcheurs qui ont permis à la France de négocier et d’obtenir de « bons résultats ».

Pour la sole par exemple, les pêcheurs français ont décidé de limiter la longueur des filets et de ne pas pêcher dans les zones où se trouvent des juvéniles.

Pour l’églefin, dont la baisse de quota a été limitée à 12%, la sélectivité des engins de pêche a été améliorée pour limiter la capture des jeunes poissons.

Greenpeace estime que les ministres de la pêche « ont échoué à respecter les nouvelles règles » fixées par la PCP.

L’ONG dénonce aussi des quotas plus faibles que ceux conseillés par les scientifiques pour des « stocks cruciaux », comme le cabillaud dont le quota est abaissé de 26% en mer Celtique.

« Beaucoup de navires européens de pêche industrielle ont des antécédents épouvantables et doivent être surveillés de près », affirme Saskia Richartz, en charge de la politique des pêches européennes de Greenpeace, citée dans le communiqué.

« Tant que la réunion du conseil des ministres (européens, ndlr) n’est pas filmée et retransmise en direct et que les ONG n’ont pas accès aux négociations, il n’y aura pas moyen de faire contre-poids aux lobbies industriels », estime l’ONG Bloom.

L’ONG Pew est plus nuancée, même si elle regrette aussi l’opacité des négociations. « Il semblerait que le Conseil ait édicté un train de mesures techniques d’accompagnement qui rendent les arbitrages moins +scandaleux+ qu’au premier abord », explique-t-elle.

Les pêcheurs français voudraient également voir le système évoluer: ils demandent des quotas pluriannuels, sur trois ou cinq ans, assortis d’un « suivi scientifique robuste ».

Une solution qui « éviterait le stress de la remise des compteurs à zéro chaque année pour les entreprises de pêche ».

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