Revue des frets maritimes: les frets secs plombés par l’excès d’offre, les pétroliers mitigés

Indice phare du marché, le Baltic Dry Index (BDI), qui fournit une estimation moyenne des tarifs pratiqués sur 20 routes de transport en vrac de matières sèches (minerais, charbon, métaux, céréales, etc.) a fini vendredi à 721 points, contre 774 points une semaine auparavant, soit un minimum en quatre mois et demi.

La chute des taux des navires « Capesize », ces bateaux forcés par leur taille imposante à naviguer au large des caps Horn et de Bonne-Espérance, a particulièrement pesé sur le BDI, faute de cargaisons suffisantes à transporter pour le nombre de bateaux disponibles.

Le Baltic Capesize Index 2014 (BCI 2014) a ainsi terminé la semaine à 1.229 points, un plus bas depuis un mois et demi, contre 1.461 points une semaine auparavant.

« Le commerce de charbon est depuis longtemps dans les limbes et les volumes de minerai de fer achetés au comptant sont plus que modérés », ont noté les analystes de Fearnleys.

« L’utilisation des navires est de nouveau en baisse alors que le marché est clairement saturé de bateaux dans toutes les zones », ont-ils ajouté.

Ainsi, plusieurs analystes doutaient de la possibilité de voir, comme c’est généralement le cas à l’approche de la fin de l’année pour le marché des Capesize, une période d’embellie au quatrième trimestre.

« Le quatrième trimestre demeure une déception continue pour ceux qui croyaient en ou dépendaient de la fin en beauté d’une année qui s’est autrement révélée misérable », ont souligné les analystes de Fearnleys.

Selon les experts de la place londonienne Baltic Exchange, il n’y avait tout simplement pas assez de cargaisons pour absorber le volume de Capesize arrivant sur le marché, ce qui, dans le meilleur des cas, a maintenu les prix à l’équilibre.

Le Baltic Panamax Index (BPI), qui synthétise les tarifs pour quatre routes (la plupart pour les céréales) empruntées par des navires de la catégorie « Panamax » a également terminé en baisse vendredi à 675 points, un plus bas depuis plus de quatre mois et demi, contre 683 points une semaine auparavant.

« Le marché des Panamax s’est largement stabilisé cette semaine, mais il y avait peu d’incitations à même de tirer à nouveau les prix vers le haut à court terme », a relevé Marc Pauchet, analyste chez Braemar ACM.

Selon lui, un nombre un peu plus important de cargaisons dans la région de la Baltique et une quantité limitée de bateaux disponibles pour des trajets transatlantiques de longue durée ont toutefois permis d’arrêter le déclin des taux de ces dernières semaines.

De leur côté, les cours des bateaux transportant des produits pétroliers ont continué d’être affectés par une activité modeste et une offre excédentaire de navires.

Le Baltic Clean Tanker Index (BCTI), moyenne des prix pratiqués sur six routes de produits pétroliers raffinés (essence, gaz liquéfié, fioul de chauffage, etc.), a terminé à 464 points vendredi, atteignant un nouveau plus bas depuis novembre 2009, contre 474 points une semaine auparavant.

« Ce fut une semaine morose pour les marchés des produits pétroliers raffinés », a commenté Court Smith, analyste chez le courtier MJLF.

Selon lui, les taux des navires faisant le trajet du Golfe du Mexique vers le continent européen sont restés obstinément bas en raison d’une surabondance de navires disponibles et de la présence d’un plus grand nombre de contrôleurs commerciaux.

A l’inverse, les taux des tankers transportant du pétrole brut ont fortement rebondi en fin de semaine, bénéficiant d’un déficit de bateaux disponibles au départ du Moyen-Orient.

L’indice Baltic Dirty Tanker Index (BDTI), moyenne des taux pratiqués sur dix-sept routes de transport de pétrole brut et de fioul lourd, a fini vendredi à 788 points contre 739 points la semaine précédente, signant un plus haut en trois semaines.

« Après un début de semaine difficile, les taux des VLCC (« Very Large Crude Carriers », la deuxième plus grosse catégorie de tankers transportant du brut) ont surpris jeudi, stoppant leur repli », a indiqué M. Smith.

Selon ce dernier, le retard de trois jours dans les chargements au terminal pétrolier irakien d’Al-Basra devrait continuer à soutenir les taux à court terme.

« Nous sommes certainement à une période de l’année où nous nous attendons à voir une pression à la hausse sur les prix en raison d’une combinaison de retards dus aux intempéries et à la fin de la saison mondiale de maintenance des raffineries », a-t-il précisé.

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