Royal s’oppose à l’arrivée de déchets toxiques australiens en Isère

“Le transport de déchets dangereux en provenance des antipodes constitue une aberration écologique”, a-t-elle estimé au sujet d’un projet qui suscite l’opposition d’une association de riverains.

Une société australienne, Orica, a déposé auprès des autorités françaises une demande d’autorisation d’importation depuis l’Australie de “9.000 tonnes de déchets très toxiques (sous-produits d’hexachlorobenzène, HCB)” afin qu’il soient incinérés dans une usine Tredi (groupe Séché Environnement) à Salaise-sur-Sanne (Isère), explique le ministère.

Mme Royal souligne avoir “donné instruction au préfet de l’Isère de s’opposer à cette importation au nom du principe de précaution, compte tenu du risque de pollution marine en cas d’avarie du navire pendant le transport, et du principe de proximité, qui exige que les déchets soient traités à proximité de leur source de production”.

“Si les technologies de traitement françaises sont performantes, elles peuvent tout à fait être exportées” pour permettre un traitement sur place, affirme la ministre.

Selon l’association Vivre Ici Vallée du Rhône Environnement (Vivre), le type des déchets concernés, dont le Danemark et l’Allemagne ont “refusé son importation”, est un des pires polluants existants, interdit en Europe depuis 1981.

Fin mai, Tredi avait annoncé avoir été retenue pour traiter 15.000 tonnes de HCB produites de 1963 à 1996 à Sydney. Elle avait assuré que cet “acheminement” serait “organisé dans le strict respect de la Convention de Bâle et de la Convention de Stockholm”, qui règlementent les mouvements internationaux de déchets dangereux ainsi que la production et l’utilisation de substances chimiques très polluantes.

Selon cette filiale du groupe Séché, l’Australie ne dispose pas d’alternatives de traitement satisfaisantes pour le HCB, classé comme polluant organique persistant.

Pour sa part, l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, s’est “réjouie” de la décision de Ségolène Royal, et lance, en fin d’un communiqué publié vendredi, “merci Madame la Ministre”.

“Il est inconcevable que l’entreprise australienne Orica fasse venir traiter ses déchets en France alors que l’Australie possède les moyens et toutes les technologies pour les traiter sur place”, ajoute-t-elle dans son communiqué.

Mme Rivasi, fondatrice de la Crirad, organisme indépendant sur la radioactivité basé dans la Drôme, rappelle également qu’elle avait “justement sollicité un rendez-vous avec la ministre afin de discuter plus particulièrement” de cette question “qui représente de nombreux risques pour la santé et l’environnement des riverains”.

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