RTE envisage une liaison électrique sous-marine entre Paca et Languedoc-Roussillon

“Cette liaison souterraine et sous-marine est une première en France pour une liaison entre régions”, a indiqué à l’AFP le directeur du projet, Patrick Larradet, ajoutant que “les lignes de 320.000 volts en courant continu” étaient les mêmes que celles utilisées pour la liaison entre la France et ses voisins dans le cadre des échanges internationaux.

Dans un communiqué de presse, RTE précise que “le Sud-Est et le Sud-Ouest sont aujourd’hui directement reliés par une seule autoroute électrique, un axe de 400.000 volts, allant de Tavel (Est du Gard) à La Gaudière (au coeur de l’Aude)”.

La filiale d’EDF ajoute qu'”en cas de rupture de cet axe, déjà fortement sollicité, la sécurité électrique d’une bonne partie du sud de la France se trouverait fragilisée et cette situation pourrait conduire, dans certaines circonstances, à une coupure d’électricité de grande ampleur.”

Ainsi en décembre 2009, deux millions de personnes avaient été privées d’électricité en Paca, notamment à Marseille et Nice, quand RTE avait dû pratiquer “des coupures sélectives” pour éviter “un black-out complet de la région” après un incident sur le poste électrique de Tavel.

La construction de cette nouvelle infrastructure sous-marine, indépendante de l’axe actuel, va “renforcer la sécurité d’alimentation” entre deux régions, Paca et Languedoc-Roussillon qui sont deux régions fortement dépendantes du réseau de transport d’électricité, précise le chef de projet.

Pour la première, 60% des besoins en électricité sont couverts pas d’autres régions de production (notamment la vallée du Rhône) tandis que pour la seconde, la production régionale ne couvre qu’un quart de la consommation.

Selon le calendrier prévu par RTE, un “fuseau” pour le passage de cette ligne doit être déterminé avant la fin de l’année à l’issue d’une période de concertation, sous l’égide du préfet du Languedoc-Roussillon, avec les communes, les associations environnementales, les chambres consulaires, les professionnels de la mer et les services de l’Etat.

Ce fuseau sera ensuite soumis à enquête publique courant 2015 avant un début des travaux, estimé en 2016 pour un chantier qui doit durer deux ans, a précisé le chef de projet.

RTE affirme qu’une liaison sous-marine “constitue le meilleur compromis une fois pris en compte l’impact environnemental, l’efficacité pour le réseau et le coût”.

Quelque 160 kilomètres de ligne sous-marine seront nécessaires pour cette nouvelle liaison qui, avec ses parties enterrées, devrait faire au total entre 210 et 250 km selon le tracé qui sera retenu.