« C’est pour moi la seule solution », répond M. Pfister, interrogé dans le Parisien/Aujourd’hui en France sur l’option de la liquidation de la compagnie maritime en difficulté.
« Tant que la compagnie aura au-dessus de sa tête cette menace de devoir rembourser les 440 millions d’euros de subventions, elle ne pourra pas se développer et surtout espérer un repreneur », juge le président de la CCI.
La SNCM a été condamnée par Bruxelles à rembourser un peu plus de 400 millions d’aides publiques jugées illégales par la Commission européenne, d’une part pour des aides lors de la privatisation en 2005 et pour le contrat de délégation de service public (DSP) entre la Corse et le continent pour la période 2007-2013.
L’actionnaire majoritaire de la SNCM Transdev a provoqué le dépôt de bilan de la compagnie en exigeant le remboursement de prêts court terme début novembre. La direction a aussitôt demandé la mise en cessation de paiement et la mise en redressement judiciaire, des demandes examinées mardi par le tribunal de commerce de Marseille.
Direction et actionnaire majoritaire espèrent que ce passage par le tribunal de commerce leur permettra de s’affranchir des condamnations européennes, tout en conservant le contrat – essentiel pour la compagnie – de la DSP vers la Corse que la SNCM détient jusqu’en 2022.
Les syndicats dénoncent eux la « faillite organisée » et contestent la réalité de la cessation de paiement.
Ils craignent une liquidation pure et simple de la compagnie et estiment que le redressement judiciaire, non seulement ne permettra pas d’éviter les amendes de Bruxelles – contestables selon eux par d’autres voies -, mais risque de faire perdre à la compagnie la DSP.
Vers 10h30, au début de l’audience du tribunal de commerce, une centaine de salariés de l’entreprise, qui en compte 2.000, s’étaient rassemblés sous la pluie derrière une banderole SNCM.
Lundi, des représentants syndicaux des agents du ports et des dockers avaient fait par de leur inquiétude concernant l’avenir de la compagnie et les répercussions possibles sur l’économie portuaire.
« On voit que le gouvernement, avec l’actionnaire minoritaire, ont fait le choix d’aller à la liquidation, avec toutes les conséquences sur l’emploi, l’activité du part des bassins est et bien au-delà », soulignait Pascal Galéoté, représentant CGT des agents du port.
« Je dirais que la situation est en train de prendre une tournure qui nous inquiète. Et le calme ne durera pas longtemps », expliquait Ludovic Lomini, délégué CGT des dockers.




