SNCM: les élus proposent un “moratoire de 4 mois” sans redressement judiciaire

“Nous demandons solennellement à l’Etat, et aux actionnaires privés Veolia/Transdev, de s’engager à respecter un moratoire de quatre mois minimum, soit jusqu’à fin octobre, gelant ainsi toute démarche de mise en oeuvre de procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire”, écrivent conjointement le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, le président du conseil général, Jean-Noël Guérini, et le président de la communauté urbaine, Guy Teissier.

Ce moratoire est proposé “afin de permettre aux professionnels, dont certains sont des acteurs importants de l’économie régionale, de finaliser un projet de reprise cohérent, respectant l’emploi, l’activité économique et privilégiant l’investissement et l’acquisition de nouveaux navires plus adaptés à l’activité et condition du redressement de la SNCM”.

Selon la publication spécialisée Le Marin, ce moratoire pourrait permettre l’aboutissement de la reprise de l’offre de l’armateur Christian Garin, qui avait déjà collaboré avec l’armateur norvégien Siem pour un projet de reprise.

En contrepartie, “les salariés de la SNCM devront immédiatement suspendre leur mouvement de grève, respecter ce moratoire, et s’impliquer dans ce projet de modification de l’actionnariat, porteur d’espoir et d’avenir pour eux-mêmes et la SNCM”, demandent les élus.

Dans cette déclaration, ils s’insurgent également contre la position prise ce weekend par le gouvernement, favorable au redressement judiciaire.

“Nous constatons avec surprise que cette position contredit totalement les conclusions unanimes du groupe d’experts et d’avocats qui avait travaillé sur cette question à la demande du ministre il y a seulement quelques mois, et qu’aujourd’hui le secrétaire d’Etat rejoint les positions du président de Transdev et Veolia qui qualifiaient la SNCM de +boulet+”, s’étonnent-ils.

De leur côté, les syndicats, interrogés avant une réunion en préfecture avec Gilles Bélier, le médiateur nommé la semaine dernière par le gouvernent, accueillent avec satisfaction la possibilité d’un moratoire qui donne un peu de temps pour trouver un nouvel actionnaire.

“Nous les salariés nous avons d’autres solutions pour trouver des repreneurs, on veut de l’air pour travailleur sereinement”, explique Patrick Panzani le représentant du Syndicat autonome des marins de la marine marchande (SAMMM).

Pour l’encadrement, le représentant de la CFE-CGC, Pierre Maupoint de Vandeul partage ce point de vue mais ne cache pas une certaine méfiance à l’entrée de la réunion, indiquant être venu écouter le médiateur “pour connaître le détail de sa mission et voir si elle intègre cette idée de moratoire”.

“Le gouvernement porte une lourde responsabilité dans la durée de ce conflit”, a-t-il ajouté.

Les salariés de la SNCM sont en grève depuis deux semaines face à la menace d’une mise en redressement judiciaire ou d’une procédure de sauvegarde de la compagnie maritime en difficulté, et demandent à l’Etat et aux actionnaires de mettre à exécution le plan industriel porté par l’ancienne direction, limogée récemment par l’actionnaire majoritaire Transdev avec l’appui de l’Etat.

tlg/hj/gib

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