STX France continue dans l’éolien offshore dans un marché très compétitif

Deux ans après avoir signé la commande de cette sous-station d’une puissance de 385 mégawatts (MW) destinée au parc éolien Arkona en mer Baltique, construit par le groupe allemand E.ON associé au norvégien Statoil, le constructeur naval français a commencé l’assemblage du module de 4.000 tonnes sur une barge, en présence de ses clients et des ambassadeurs d’Allemagne et de Norvège mercredi.

« Pour nous, c’est la reconnaissance à un niveau international, européen au moins, de notre existence sur le marché des énergies marines renouvelables (EMR) et de notre capacité à être des acteurs majeurs de ce marché », s’est réjoui le directeur général de STX France, Laurent Castaing, regrettant cependant l’absence de représentants politiques français.

La sous-station, centre névralgique du parc qui sera situé à 30 km des côtes allemandes, va raccorder 60 éoliennes à une station à terre et permettre d’alimenter en électricité propre près de 400.000 foyers à partir de 2019. Elle doit être livrée et installée en mer Baltique au printemps 2018 par STX, qui s’est également vu confier un an de maintenance.

Spécialisés dans la construction navale, les ex-Chantiers de l’Atlantique avaient pris le virage de l’éolien en 2010, une diversification concrétisée en décembre 2012 par la signature d’une première commande de sous-station pour la compagnie danoise Dong Energy, à un moment où le chantier traversait une grave crise sur son marché de prédilection.

Mais cinq ans plus tard, alors que les commandes de paquebots de croisière s’accumulent pour STX, qui a un plan de charge jusqu’en 2026, le chantier naval peine à décrocher de nouveaux contrats dans l’éolien offshore, après ceux de la sous-station Arkona et d’une autre plateforme électrique, pour le champ du consortium belge Rentel, également livrable au printemps 2018.

– ‘des hauts et des bas’ –

« Notre petite déception, c’est qu’on pensait que c’était un marché qui était plus lissé que celui des paquebots mais en fait il se produit un petit peu la même chose, (…) il y a des hauts et des bas », avec notamment « beaucoup moins d’installations » prévues en 2019 et 2020 en Europe qu’en 2018, a commenté Laurent Castaing.

En France, où aucune éolienne en mer n’a encore été posée, le retard, en partie dû aux recours judiciaires déposés contre les trois premiers parcs, est « préoccupant » pour le directeur général de STX France, qui craint que les industriels français se fassent damer le pion par des « concurrents étrangers (qui) se renforcent ».

Pour remplir son carnet de commandes sur un marché international « de plus en plus compétitif », avec l’arrivée de nouveaux acteurs, dont des groupes pétroliers, le chantier naval de Saint-Nazaire a lancé le 7 juin un nouveau concept de sous-station électrique.

Celle-ci est modulable en fonction de la puissance du parc (de 200 à 900 MW) et s’installe aussi bien sur une fondation flottante que posée en mer. La conception standardisée de « SeeOs » (« Scalable Efficient Evolutive Offshore Station ») permet de réduire les coûts de 20%, souligne STX.

« Cela éveille de l’intérêt chez nos clients, et va certainement, espérons le en tout cas, dans les mois qui viennent amener de nouveaux succès commerciaux », a assuré Frédéric Grizaud, directeur de la branche Énergies Marines du constructeur naval.

STX, qui fait actuellement travailler 150 salariés et 250 sous-traitants dans son usine Anemos, entièrement dédiée aux (EMR), a pour objectif de construire deux sous-stations électriques par an, représentant un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros.

Cette activité ne devrait pas être menacée par le rachat du chantier naval par son concurrent italien Fincantieri, en cours de finalisation entre les États français et italien, selon M. Castaing. « Nos potentiels futurs actionnaires principaux l’ont dit très clairement: les activités d’énergie de la mer sont de leur point de vue les bienvenues et ils nous encouragent à les poursuivre », a-t-il assuré.

asl/gvy/ide

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