Surpêche: semaine de discussions marathon à l’OMC

Genève, 16 mai 2022 (AFP) – Les Etats membres de l’OMC entament une semaine de “discussions intensives” sur les subventions qui menacent la durabilité de la pêche dans l’espoir d’arracher un accord lors de la réunion ministérielle dans quatre semaines.

“Les négociations se trouvent à un moment très critique, puisque nous ne sommes qu’à quatre semaines de notre 12e conférence ministérielle”, a déclaré lundi la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, avant l’ouverture de cette semaine de négociations cruciale.

Des représentants de près de 200 associations de défense de l’environnement lui ont transmis lundi une lettre adressée aux membres de l’OMC appelant les gouvernements du monde entier à conclure rapidement un accord mondial pour éliminer les subventions à la pêche préjudiciables, estimées jusqu’à 54 milliards de dollars par an.

Cela fait maintenant plus de 20 ans que ce dossier hautement sensible tant auprès des pays riches que des pays en développement est sur la table de l’Organisation mondiale du commerce.

La réunion ministérielle de l’OMC, qui devait débuter fin novembre de l’année dernière avant que le variant Omicron du Covid-19 fasse son apparition, était considéré par l’organisation et les diplomates comme le moment où ces négociations devaient se conclure.

Il est maintenant prévu qu’elle démarre le 12 juin, dans quatre semaines.

“Le moment est donc venu de mettre fin à des décennies de discussions et de conclure les négociations de l’OMC sur les subventions à la pêche, afin que les résultats puissent être adoptés par les ministres”, a déclaré le président des négociations, l’ambassadeur colombien Santiago Wills, dans une allocution vidéo publiée en vue de cette “semaine de la pêche”.

Les “discussions intensives” qui doivent avoir lieu cette semaine visent “à clore les questions en suspens dans le projet d’accord qui a été envoyé aux ministres en novembre dernier”, a-t-il expliqué.

L’OMC et sa directrice générale ont fait de ce dossier une priorité, mais les sujets en suspens sont nombreux et épineux. Ils comprennent notamment, de l’aveu de M. Wills, “le traitement des subventions non spécifiques aux carburants, l’équilibre et l’ambition liés à la réduction des subventions qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche, y compris le traitement spécial et différencié, les exigences de transparence en matière de travail forcé”.

Les Etats doivent également se mettre d’accord sur “la manière de garantir que le règlement des différends de l’OMC n’a aucun effet sur les revendications territoriales qui se chevauchent”.