Le ministre sri-lankais des Médias, Nalinda Jayatissa, a indiqué au Parlement que le bâtiment iranien se situait juste en dehors des eaux territoriales, sans plus de détails.
Des sources officielles ont ensuite expliqué que le président Anura Kumara Dissanayake avait engagé des concertations au sommet pour voir quelle réponse apporter à la demande de Téhéran que ce navire puisse s’abriter dans les eaux territoriales sri-lankaises.
Plus d’une centaine de membres d’équipage seraient à bord, selon des sources officielles sri-lankaises, qui ont dit craindre que le bateau soit pris pour cible, comme la frégate iranienne Iris Dena coulée la veille.
Dénonçant « une atrocité », le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que la frégate torpillée avait été invitée par la marine indienne quand elle a été « frappée sans avertissement dans les eaux internationales ».
Les États-Unis le « regretteront amèrement », a-t-il menacé, alors que la guerre déclenchée par une attaque conjointe américano?israélienne contre l’Iran s’étend à travers le Moyen?Orient et au-delà.
Des dizaines de membres d’équipage de l’Iris Dena sont toujours portés disparus et les recherches se poursuivent, a indiqué le porte-parole de la marine sri-lankaise, Buddhika Sampath.
Leur bateau retournait vers l’Iran après avoir participé à un exercice militaire dans le port oriental de Visakhapatnam, en Inde, lorsqu’il a été frappé.
La diplomatie iranienne a évoqué le chiffre de 130 marins à bord. Mercredi, le ministre des Affaires étrangères sri-lankais Vijitha Herath avait évoqué 180 personnes à bord quand l’appel de détresse de l’Iris Dena a été capté à l’aube au niveau de la côte sud du Sri Lanka.
Plusieurs heures après l’intervention de la marine sri-lankaise, qui a secouru une trentaine de rescapés, Washington a annoncé avoir torpillé le bateau qui « pensait être en sécurité dans les eaux internationales », selon le ministre américain de la Défense Pete Hegseth.
Présent à son côté lors d’une conférence de presse, le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a précisé que c’était « la première fois depuis 1945″ qu' »un sous-marin d’attaque rapide de la marine des États-Unis coulait un navire combattant ennemi en utilisant une seule torpille Mark 48, à effet immédiat, envoyant le navire de guerre au fond de l’océan ».
– Salle d’hôpital séparée –
Les autorités sri-lankaises ont ouvert une enquête sur la mort des marins iraniens et Sameera Dodangoda, juge en chef dans la ville portuaire sri-lankaise de Galle (sud), a ordonné des autopsies.
L’hôpital principal de Galle a indiqué jeudi que 84 corps avaient été retrouvés, révisant à la baisse le bilan de 87 morts annoncé la veille.
Les corps, dont certains sont mutilés, y ont été acheminés par camions après avoir été repêchés en haute mer par la marine.
Des responsables de l’hôpital ont précisé que les 32 Iraniens secourus sont toujours soignés, la police et des commandos d’élite assurant leur sécurité.
« La plupart d’entre eux ont des blessures légères, mais quelques-uns présentent des fractures et des brûlures », a déclaré une infirmière de l’hôpital, sous couvert d’anonymat.
L’accès au service des urgences de cet établissement est interdit aux visiteurs et aux autres patients, les autorités médicales ayant mis en place une salle séparée pour les Iraniens.
Un responsable de l’ambassade d’Iran, présent à l’hôpital, a refusé de faire des commentaires.
L’attaque a eu lieu à environ une heure de la principale base navale de Galle. Quand les secours en mer sri-lankais sont arrivés sur zone, la frégate iranienne avait complètement coulé.
Le Sri Lanka est resté neutre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, appelant au dialogue.




