Une ONG dénonce des pêches “destructrices” dans des aires marines protégées

FNE a dressé une carte (https://www.fne.asso.fr/devine-ou-je-vais-pecher) répertoriant les heures de pêche entre 2015 et 2018 dans les “zones spéciales de Conservation du réseau Natura 2000” le long de la côte atlantique, avec un total cumulé de 415.504 heures et des “bateaux à 95,8% français”.

Les pêcheurs sont nombreux dans le golfe de Gascogne pour le bar et le merlu, explique Elodie Martinie-Cousty de FNE, à l’AFP.

L’association s’est intéressée à quatre méthodes de pêche: chalut pélagique, filet maillant, chalut de fond, drague. Ces techniques sont critiquées à cause du risque de captures accidentelles (dauphins, tortues, requins…), leur manque de sélectivité, l’impact sur les fonds marins, le risque de voir des filets perdus continuer à attraper des animaux.

“On pêche presque autant dans les aires marines protégées du golfe de Gascogne qu’en dehors. Et avec les mêmes méthodes de pêche destructrices”, soit 174.000 heures contre 235.000 en dehors en 2018, selon un communiqué de FNE.

“En France, on parle beaucoup d’aires marines protégées mais c’est de la protection de papier”, critique Elodie Martinie-Cousty, alors que le gouvernement vient de dévoiler sa stratégie pour les aires protégées maritimes et terrestres jusqu’en 2030.

Il ne s’agit pas d’interdire la pêche dans les aires protégées, “mais pas avec des engins destructeurs”, précise-t-elle.

Les pêcheurs doivent évaluer les incidences des techniques de pêche dans ces zones protégées, mais “ils s’en sont exonérés jusqu’à présent”, assure-t-elle.

Il a été demandé à la filière pêche de procéder à ces évaluations d’ici 2026, indique Elodie Martinie-Cousty, qui s’inquiète que “ce soit la profession qui fasse sa propre évaluation” sans observateurs extérieurs.

Selon une étude récente du CNRS, “seul 1,6% de l’espace maritime français bénéficie d’un statut de protection intégrale ou haute”, quand la France vise 10% d’ici 2022. Les littoraux de métropole en sont quasiment exclus.

Les parcs naturels régionaux s’inquiètent dans une tribune de la capacité de la France à atteindre ses objectifs pour protéger la biodiversité, alors que le temps est compté.

“Protéger la nature dans des sanctuaires qui lui seraient réservés est important mais ne suffira pas”, avertit le président de leur fédération, Michaël Weber, rappelant que “la préservation du naturel doit s’imposer dans toutes nos activités” y compris en ville.

Les parcs appellent à “des Assises nationales de la biodiversité” avec l’Etat, les collectivités territoriales, les acteurs économiques.

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