Une réunion cruciale en Australie pour instaurer des sanctuaires marins en Antarctique

Les membres (24 Etats et l’Union européenne) de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) se réunissent à partir de mercredi à Hobart, sur l’île australienne de Tasmanie, pour parvenir à un accord après plusieurs échecs.

L’enjeu est la protection des « dernières étendues maritimes vierges », selon les termes des défenseurs de la nature, habitats de quelque 16.000 espèces, dont des baleines, des phoques, des manchots et des poissons endémiques.

Mais au fur et à mesure que les stocks de poissons se tarissent dans les mers du globe après des décennies de surexploitation, les navires s’engagent de plus en plus vers le sud de la planète à la recherche de nouvelles captures.

« Il est temps d’agir », affirme Andrea Kavanagh, directeur du projet des sanctuaires dans l’océan Austral pour le Pew Environment Trust. « Les pays peuvent surmonter les faux départs en se mettant d’accord (cette semaine) pour protéger ces régions essentielles ».

Un premier projet, porté par la France, l’Australie et l’Allemagne, recommande la création de sept aires marines protégées sur la façade est de l’Antartique, côté océan indien, sur une étendue de 1,6 million de km/2.

Les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande veulent instituer une aire maritime protégée dans la mer de Ross (sud-ouest de l’Antarctique), qui s’étendrait sur 1,25 million de km2.

La surface totale de ces aires maritimes protégées serait ainsi à peine plus petite que l’Inde et cinq fois plus grande que la France.

Pour être instituées, ces aires protégées doivent recevoir l’accord de tous les pays de la CCAMLR, un organisme créé en 1982 et chargé de gérer les ressources marines du continent de glace.

Ces propositions avaient été discutées en juillet dernier lors d’une rencontre en Allemagne mais aucun accord n’avait été conclu, en raison, selon les ONG, de l’opposition de la Russie soutenue par l’Ukraine, qui estimaient les restrictions sur l’industrie de la pêche trop coûteuses.

« Nous avons toujours su qu’il y aurait de l’opposition de la part de ceux qui ont des intérêts liés à la pêche dans cette région, ou qui pensent qu’ils en auront un jour », avait déclaré en septembre le Premier ministre néo-zélandais John Key.

Depuis, la Russie a envoyé des signaux mitigés et les négociations sont « difficiles » selon les experts, qui n’ont aucune idée du sens dans lequel ce pays va finalement voter.

Pour tenter de briser les résistances de Moscou, les pays prônant une aire protégée en mer de Ross ont réduit sa surface de plus de 20% par rapport à la proposition initiale, une tactique de négociations qualifiée de « surprenante » par l’Institut de politique stratégique australienne (ASPI), un centre d’études basé à Canberra.

« Il est difficile d’espérer un résultat positif pour l’océan Austral », a conclu l’ASPI dans un rapport publié lundi. « En tant qu’une des dernières régions vierges, (l’Antarctique) mérite une reconnaissance, un respect et un engagement particuliers de la part des gouvernements qui ont choisi de la gérer ».

Les défenseurs des sanctuaires marins, dont certains travaillent sur le projet depuis huit ans, ont indiqué qu’ils n’abandonneraient pas, même en cas d’échec à Hobart.

Les Infos Mer de M&O

Une première historique pour la Royal Navy avec le premier vol autonome du drone hélicoptère « Proteus ».

L’appareil Proteus, développé par Leonardo pour la Royal Navy, a effectué son vol inaugural depuis l’aérodrome de Predannack en Cornouailles. Ce démonstrateur technologique...

Bonne année du Pôle Sud !

Le nouvel an est arrivé ici, en Antarctique, avec un jour d’avance sur les États‑Unis et l’Europe. Pour nous, cela a été une...

Thales révolutionne les opérations de lutte contre les mines de la Royal Navy grâce à des centres de commandement renforcés par l’IA.

Thales s’est vu attribuer un contrat majeur par Defence Equipment and Support (DE&S) pour la conception, le développement et la livraison de la...

« Ma mission est d’être au rendez-vous des attentes de Djibouti » (entretien avec Jérôme Bresson, ambassadeur de France à Djibouti)

Nommé ambassadeur de France à Djibouti en 2025, Jérôme Bresson expose pour Marine & Océans sa vision des liens politiques, militaires, économiques et...

Noël si loin du père Noël

Aujourd’hui, la population de McMurdo est de 867 personnes. Nous sommes 167 au Pôle Sud et ils sont 72 sur l’île de Palmer,...

Roomba

Nous sommes maintenant 149 à bord du USS Amundsen Scott. Une vingtaine sont encore à McMurdo ou en route. La « traverse »...

Plus de lecture

M&O 289 - Décembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.