Lancement d’un Observatoire des cétacés en mer d’Iroise

Enregistreurs autonomes
Photo : Yannis Turpin – Office français de la biodiversité

Début Mai 2022, sept enregistreurs autonomes équipés d’hydrophones ont été déployés entre l’île d’Ouessant et l’archipel de Molène, sur la partie nord du Parc naturel marin d’Iroise.

Pendant une année, ces hydrophones positionnés sur des points clés, vont capter le paysage sonore sous-marin incluant les vocalises, les sifflements et les clics émis par les cétacés. Tous les trois mois, les données seront récupérées puis traitées et analysées progressivement.

L’enjeu est de déterminer quelles sont les espèces de cétacés présentes dans le Parc naturel marin d’Iroise et leur fréquentation sur une année complète.

« Ces dernières années, les observations de cétacés se sont multipliées sur les côtes bretonnes, explique Flore Samaran, enseignante-chercheuse et responsable de ce projet pour l’ENSTA Bretagne. Malheureusement, il s’agit d’observations visuelles isolées, fortuites qui ne permettent donc pas de connaître avec précision les espèces présentes et leur comportement. Le suivi par acoustique passive représente une solution non intrusive idéale pour identifier dans l’espace et dans le temps les différentes espèces fréquentant les eaux du parc ».

Cet observatoire déployé pendant un an en mer d’Iroise va permettre d’obtenir un enregistrement complet du paysage sonore marin dans une large gamme de fréquence. En effet, les émissions sonores des cétacés sont différentes selon les espèces : les plus petits cétacés émettent des sons de hautes fréquences tandis que les espèces les plus grandes émettent dans les basses fréquences. L’analyse des enregistrements réalisée en laboratoire permettra de classifier les signaux sonores. L’ENSTA Bretagne s’appuie sur les outils de traitement de données d’OSmOSE (Open Science meets the Ocean Sound Explorers), un dispositif collaboratif qu’elle a développé regroupant des scientifiques sur le thème du traitement de la donnée acoustique passive sous-marine et de ses applications liées au développement durable des océans.

Le projet regroupe cinq partenaires : L’ENSTA Bretagne qui intervient en tant qu’expert en acoustique sous-marine passive dans la définition de l’observatoire, le choix des matériels utilisés, la mise à l’eau, le traitement et l’analyse des données ; L’Office Français de la Biodiversité en tant que gestionnaire du Parc naturel marin d’Iroise ; L’association Céladon et les agents du Parc naturel marin d’Iroise pour la mise à l’eau et la récupération des instruments ; La Division Technique (DT) de l’Institut National des Sciences de l’Univers (INSU), une Unité d’Appui à la Recherche du CNRS pour les mouillages sur lesquels seront installés les enregistreurs ; et enfin NeoteK, une entreprise française qui, après consultation publique, a été retenue pour fournir les enregistreurs acoustiques.

Le projet mené actuellement en mer d’Iroise pourrait à terme être déployé à plus large échelle dans le cadre de la Directive européenne Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM). Celle-ci prévoit que les pays membres renseignent du Bon État Écologique de leur façade maritime.

Dans ce contexte, l’ENSTA Bretagne a été missionnée en tant qu’expert par l’Office Français de la Biodiversité pour élaborer un programme de suivi par acoustique passive afin de suivre les populations de mammifères marins dans les 4 sous régions marines de l’hexagone (Manche-Mer du Nord, Mer Celtique, Golfe de Gascogne, Méditerranée).

Source : ENSTA Bretagne

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