Naval Group démine le Bénélux

Naval Group Belgium a annoncé le lancement en Belgique d’un laboratoire de guerre des mines (MCM Lab), d’une importance stratégique pour la BITD Belge.  

Le lancement du MCM Lab a été annoncé le 26 novembre dernier, quelques jours avant la mise sur cale, par Naval Group, du premier navire de guerre des mines belgo-néerlandais. Les deux annonces sont liées, car elles font parties intégrantes d’un même programme.  

Signé en 2019, ce programme, attribué à Belgium Naval & Robotics (1), prévoyait la fourniture, à la marine belge et à la marine royale néerlandaise, de six navires de guerre des mines (soit au total douze vecteurs) assortis d’une centaine de drone, et le lancement d’un centre de recherche & développement, le MCM Lab, mis en œuvre  par Naval Group Belgium, stratégique pour la Belgique.  

Partenariat structurant 

Ce programme est stratégique à double titre. D’une part il dote la Belgique et la Hollande d’une capacité de guerre des mines de dernière génération. Ils seront les premiers pays à employer une composante « non-piloté » (drones) pour ce type de missions. D’autre part, via le MCM Lab, il renforcera la colonne vertébrale de la base industrielle et technologique de défense belge. 

La plupart des contrats d’armements s’accompagnent aujourd’hui de clauses de compensation industrielles. Le MCM Lab semble remplir cette fonction. Il devra renforcer la BITD belge dans le domaine de la robotique, de la détection, de l’intelligence artificielle et de l’innovation pour la guerre des mines. En d’autres termes, ce centre prépare l’industrie belge à produire des systèmes de guerre des mines en autonomie. Ce qui devrait améliorer la compétitivité de la BITD nationale, en plus de renforcer l’autonomie stratégique de la Belgique.  

Coopération européenne

Outre ses activités de R&D le MCM Lab devra jouer un « rôle clé dans les initiatives européennes dans le domaine des contre-mesures aux mines »selon le communiqué de Naval Goup Belgium. Plusieurs partenaires du centre font d’ailleurs déjà partie du projet européen MIRICLE qui doit tracer l’avenir de la coopération européenne dans la guerre des mines. 

Les capacités européennes dans ce domaine devraient en effet être amenées à augmenter compte-tenu de la probable prolifération mondiale des mines utilisées comme solutions de déni d’accès (entre autres).  

D’un point de vue diplomatique, il s’agit d’une étape intéressante dans le resserrement de la coopération de défense franco-belge, et donc, européenne. Les deux pays collaborent en effet autour du programme [terrestre] Scorpion, via l’accord CaMo (coopération Capacité Motorisée) 

Cela malgré un léger pic de tensions, en 2018 après le choix [contestable ?] de Bruxelles de privilégier le F-35 (Lockheed-Martin)au détriment du Rafale de Dassault Aviation. 

Cinq des partenaires du MCM Lab font également partie du projet européen MIRICLE, lancé début décembre, qui vise à définir l’avenir de la guerre des mines. L’ambition du MCM Lab est de devenir le centre de référence européen pour la recherche et le développement en matière de guerre des mines et jouera un rôle clé dans les initiatives européennes dans le domaine des contre-mesures aux mines 

  1. Un consortium entre Naval Group et ECA Group