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L’Arabie saoudite prise en étau par les alliés de l’Iran dans la région

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Ryad (Arabie saoudite), 30 juil 2026 (AFP) – Du nord au sud et d’est en ouest, les milices et groupes alliés de l’Iran renforcent leur pression sur l’Arabie saoudite, en ciblant ses infrastructures pétrolières et menaçant ses exportations maritimes de pétrole.

Pris entre plusieurs fronts, le premier exportateur de brut au monde fait face à un scénario catastrophe, compromettant ses projets de diversification économique et d’attraction des investissements et des touristes.

Malgré ses appels à maintenir les liens diplomatiques avec Téhéran, Ryad a essuyé des attaques des rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, qui ont annoncé un « blocus » des navires saoudiens en mer Rouge, et a accusé des milices pro-iraniennes en Irak de cibler ses installations énergétiques.

Tôt mercredi, le royaume a répliqué. Des frappes conjointes avec les Etats-Unis en Irak ont tué 20 personnes, selon la coalition d’anciens groupes paramilitaires visée.

« L’Arabie saoudite est consciente qu’être aspirée dans une guerre d’usure prolongée contre l’Iran » et l’alliance de groupes armés impulsée par Téhéran « ne sert pas ses intérêts à long terme », relève sur X Danny Citrinowicz, chercheur spécialiste de l’Iran à l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale.

Toutefois, « la retenue a ses limites », souligne pour l’AFP Ali Shihabi, un analyste proche du gouvernement saoudien.

– « Les moyens d’une sévère punition » –

En ciblant des pétroliers saoudiens dans la mer Rouge, les Houthis entendent limiter l’accès à cette artère vitale pour les exportations du royaume, après que l’Iran a déjà verrouillé le détroit d’Ormuz.

« Les Houthis ciblent les infrastructures d’export de l’Arabie saoudite » et « les milices irakiennes les installations pétrolières directement sur le territoire. L’effet combiné de ces attaques est de paralyser simultanément tous les couloirs d’exportation saoudiens encore opérationnels », explique à l’AFP Hesham Alghannam, un expert en sécurité saoudien.

« Le choix de ces proxys sur ces deux théâtres a été mûrement réfléchi », ajoute-t-il.

L’Iran avait déjà mené au printemps des frappes destructrices sur des raffineries, usines pétrochimiques et centrales électriques saoudiennes.

Elles avaient touché des « installations-clés », selon les médias officiels saoudiens, affectant les capacités de production de pétrole.

Les attaques répétées essuyées par le royaume et ses voisins du Golfe ont également porté un coup à la réputation de stabilité que ces riches monarchies s’étaient forgées.

« Pour les Etats du Golfe, la stabilité n’est pas un concept abstrait; c’est la base de leur modèle économique », relève sur X Danny Citrinowicz.

« Leur prospérité sur le long terme dépend de la prévisibilité régionale, des investissements, des échanges commerciaux et de la continuité des approvisionnements énergétiques. »

Ryad pourrait intensifier sa riposte, après s’être longtemps abstenu de rendre les coups, selon des experts.

« Le royaume a les moyens d’imposer une sévère punition aux Houthis et aux milices irakiennes » affirme M. Shihabi, pour qui la « retenue » saoudienne « ne doit pas être confondue avec de la faiblesse ».

– « Avertissement » –

D’autant que l’avenir du trafic en mer Rouge est un enjeu crucial.

Le gouvernement yéménite, soutenu par Ryad, a accusé mercredi les Houthis de vouloir y imposer des droits de passage, comme l’Iran dans le détroit d’Ormuz. Une source de revenus qui permettrait aux rebelles de renforcer leur arsenal et étendre leur influence au Yémen.

Le ministre yéménite de l’Information Mouammar al-Iryani a dénoncé auprès de l’AFP une « dangereuse escalade visant à transformer » ce corridor maritime clé « en source permanente de financement pour les activités militaires et terroristes » houthies.

Avec ou sans péage, les analystes estiment que le groupe envoie un message puissant en démontrant sa capacité à perturber l’une des voies navigables les plus stratégiques au monde.

C’est « en soi un avertissement », « un aperçu de ce que les acteurs proches de l’Iran situés en périphérie de l’Arabie saoudite peuvent mettre en oeuvre », déclare à l’AFP H.A. Hellyer, analyste au Royal United Services Institute de Londres.

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