L’oeuvre, intitulée « Non-lieu », représente un homme noir arborant le drapeau guadeloupéen et brandissant une tête aux traits du président de la République. Elle avait été exposée début 2025 à Pointe-à-Pitre.
Blow avait peint cette oeuvre en réaction à une décision de justice dans l’affaire du chlordécone.
Ce pesticide a été autorisé dans les bananeraies antillaises jusqu’en 1993 sous dérogation, quand le reste du territoire français en avait interdit l’usage. En janvier 2023, la justice a rendu un non-lieu dans cette affaire après seize années de procédure.
François Moulin, dit Blow, et deux responsables de l’exposition étaient poursuivis pour « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit » suite à une plainte du chef de l’État, qui ne s’était pas constitué partie civile.
« Pour la défense c’est une victoire éclatante, d’abord parce qu’elle consacre l’indépendance de la justice face à une plainte du premier magistrat de France », a déclaré à l’AFP Me Patrice Tacita, l’avocat de Blow.
« Cette décision rendue en mai (mois de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe, ndlr) lui donne aussi une dimension symbolique liée à la question coloniale », a-t-il ajouté.
« Nos pensées vont maintenant vers toutes les victimes du chlordécone qui, elles, n’auront peut-être jamais droit à un procès », ont de leur côté indiqué Mes Jean-Baptiste Laplace et David Koubbi, avocats du commissaire d’exposition Anthony Vila, déplorant « tant de moyens d’État (…) mobilisés (…) pour une poursuite d’un autre siècle ».
La cour d’appel de Paris dira le 22 juin s’il y a lieu de rouvrir ou non l’enquête sur le chlordécone, suite à l’appel des parties civiles qui contestent le non-lieu dans ce scandale sanitaire.




