La candidate des écologistes à la présidentielle doit donner naissance dans les prochains jours à son deuxième enfant. C’est la première fois en France qu’une prétendante à l’Elysée a fait campagne enceinte.
Elle doit cependant encore participer vendredi à la réunion de l’Elysée sur les conflits internationaux et leurs conséquences, puis participer ce week-end en visio à un Conseil fédéral extraordinaire de son parti, concernant la stratégie présidentielle.
Mme Tondelier a dit regretter devant la presse que « la place des enfants dans les politiques publiques soit assez déprimante ». « Comme si ce n’était pas un sujet politique et que les enfants ne devenaient politiques que quand ils obtenaient le droit de vote à 18 ans », a-t-elle regretté.
Rappelant qu’un enfant est victime de violence sexuelle toutes les trois minutes dans l’espace public, Mme Tondelier a notamment proposé le déploiement de centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles, sur le modèle belge, qui permettent sur un même lieu une prise en charge à la fois médicale, psychologique et judiciaire.
La candidate souhaite aussi rendre « imprescriptibles » tous les crimes commis contre des mineurs et « créer un fichier de prévention pédocriminelle des mineurs », pour traquer les activités en ligne à risque.
La société a besoin d’une « bascule radicale » en matière de protection des enfants, a insisté le député Arnaud Bonnet, alors que le sujet est de plus en présent dans le débat public, notamment avec le scandale du périscolaire à Paris.
Face aux dysfonctionnements de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), les Ecologistes préconisent aussi d’interdire le secteur lucratif dans la protection de l’enfance, et d’accompagner financièrement les jeunes de l’ASE jusqu’à 25 ans.
Alors que les enfants quittent en moyenne le domicile familial autour de 24-25 ans, les enfants de l’ASE se retrouvent actuellement sans soutien à partir de 18 ans, ce qui constitue « une maltraitance » de la part de l’Etat, a estimé Rania Kissi, nouvelle porte-parole de Marine Tondelier, et elle-même issue de l’ASE.
La cheffe des Ecologistes souhaite aussi que les enfants « puissent s’épanouir et s’émanciper ».
Elle propose notamment de garantir un droit aux vacances pour tous et de mettre en place une Assemblée nationale des enfants (via un tirage au sort), pour recueillir les propositions des plus jeunes, comme elle l’a fait pendant sa campagne avec des réunions dédiées uniquement aux 5-15 ans.
Elle veut également instaurer un statut des familles monoparentales, mettre fin aux remises à la rue des familles avec enfants, et créer un ministère de l’Enfance, chargé de l’Education et de la jeunesse, avec un budget dédié.