« On a fait une saisie-exécution pour être autorisé à vendre le bateau aux enchères », a déclaré jeudi à l’AFP Me Christophe Nicolas, avocat du fabricant d’engrais Timac Agro.
Une audience prévue jeudi sur le sujet devant le tribunal judiciaire de Saint-Malo a été renvoyée au 19 novembre à 11h.
En décembre, Alpha LLC, armateur du cargo russe Vladimir Latyshev, gelé depuis mars 2022 dans le port de Saint-Malo, avait été condamné à payer 125.960 euros à Timac Agro.
De mars 2022 à août 2025, Timac avait en effet réglé les factures nécessaires au maintien du navire et aux besoins de l’équipage (carburant, électricité, frais de port et vivres pour les marins) mais elle n’était plus remboursée par l’armateur russe depuis février 2025.
Alpha LLC n’a pas fait appel du jugement et sa dette s’élèverait actuellement à « environ 140.000 euros », en comptant les frais et les intérêts, selon Me Nicolas.
Dans le cadre d’une éventuelle vente aux enchères, Timac Agro a demandé une mise à prix du cargo à 2 millions d’euros. Le navire de 141 mètres de long, construit en 2021, est capable de transporter plus de 11.000 m3 de marchandises.
L’audience prévue jeudi a été renvoyée dans l’attente de l’autorisation de cession du cargo par la direction générale du Trésor. Car le gel du navire dans le cadre des sanctions européennes « interdit toute cession », a déclaré à l’AFP Maxime Gouyer, avocat d’Alpha LLC.
« La demande a été faite au Trésor, on est en lien avec eux », a assuré l’avocat de Timac.
L’armateur soutient en outre ne pas être « le propriétaire mais uniquement l’exploitant » du cargo, a indiqué Me Gouyer, qui a pointé une « difficulté de procédure ».
Le navire est en effet exploité par Alpha LLC dans le cadre d’un contrat de crédit-bail consenti par JSC GTLK, une entreprise publique russe supervisée par le ministère russe des transports.
A Marseille, un navire identique, le Victor Andryukhin, est également immobilisé à quai depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine. Chaque navire vaudrait entre 15 et 20 millions d’euros, selon David Lebec, directeur financier de l’agent maritime AFCC, société créancière du cargo gelé à Marseille.




